A travers une déclaration: Des chefs des confessions religieuses lancent un appel à l’apaisement et au sens de responsabilité

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Des Chefs des confessions religieuses ont fait, hier 24 avril 2017 au siège de l’Eglise du Christ au Congo, une déclaration sur la situation politique actuelle en République Démocratique du Congo. Dans ce message lu par le Révérend Elebe Kapalay de l’église Kimbanguiste, ils expriment leur inquiétude sur le fait qu’affirmer dans ces conditions, après avoir perdu quatre mois dans des discussions sans aucune avancée, que les élections pourront ou non être organisées en décembre 2017, sans évaluation préalable par le gouvernement, la CENI et le Conseil National de Suivi de l’Accord et du processus Electoral n’est  ni réaliste ni sincère. Dans un pays gagné par le fétichisme des dates, cela risque par contre de raviver la tension à l’approche de la fin de l’année. Raison pour laquelle ils lancent un vibrant appel à l’apaisement et au sens de responsabilité de tous les acteurs et invitent à cet effet les fidèles et les croyants à intensifier les prières.

(Onassis Mutombo)

Ci-dessous l’intégralité du message :

MESSAGES DES CHEFS DES CONFESSIONS RELIGIEUSES AU PEUPLE CONGOLAIS

Les chefs des confessions religieuses de la République Démocratique du Congo, de par leur vocation d’enseigner la parole de Dieu et l’expérience qu’elles ont au quotidien des peines et des joies, des espérances et des angoisses de la population ;

Persuadés que seule la vérité libère et donne la dignité à l’être humain, ainsi qu’en attestent les saintes écritures, notamment le livre des psaumes où il est écrit, au  chapitre 51 verset 8 : «  tu veux que la vérité soit au fond du cœur, fais donc pénétrer la sagesse au-dedans de moi » ; et le saint Coran, dans lequel on lit à la Sourate 9, verset 119 : « Ô vous qui croyez, craignez Allah et soyez véridiques » ;

Après analyse approfondie de la situation politique et sociale de l’heure en République Démocratique du Congo ;

Les chefs des confessions religieuses s’obligent à relever les faits suivants afin d’éclairer le peuple de Dieu et les hommes et femmes épris de paix, et de bonne volonté :

  1. Le processus politique en cours en République Démocratique du Congo traverse un moment difficile alors que cela était évitable.
  2. Le dialogue politique de la Cité de l’Union Africaine, mené sous la haute facilitation de l’Union Africaine et appuyé par un panel d’experts de la communauté internationale, a offert au pays des avancées incontestables pour l’organisation des élections apaisées et, avant d’y arriver, la gestion consensuelle du pays. Néanmoins, ces assises n’ont pas réussi à réaliser l’exclusivité attendue.
  3. Les pourparlers de la CENCO ont été convoqués dans l’objectif de palier à cette insuffisance d’exclusivité et ont réussi à joindre à la table des discussions le Rassemblement des forces politiques et sociales de la RDC acquises au changement, le Front pour le Respect de la constitution, et une partie de la société civile, tous absents au dialogue de la cité de l’Union Africaine.
  4. L’objectif ultime des assises de la CENCO ayant été de parvenir à un consensus permettant l’organisation des élections justes, démocratiques transparentes et apaisées, en tenant compte des exigences logistiques et techniques réelles, la nation entière a déployé que quatre mois après la signature de l’accord de 31 décembre 2016, les négociations directes sous les bons offices de la CENCO n’aient pas permis la signature de l’arrangement particulier. C’est dans ce contexte que la CENCO a mis fin à sa mission de bons offices en invitant le Président de ma République qui lui avait confié ce mandat de reprendre en mains le leadership desdites négociations conformément à ses prérogatives constitutionnelles.
  5. Les chefs de confessions religieuses expriment leur inquiétude sur le fait qu’affirmer dans ces conditions, après avoir perdu quatre mois dans des discussions sans aucune avancée, que les élections pourront ou non être organisées en décembre 2017, sans évaluation préalable par le gouvernement, la CENI et le Conseil National de Suivi de l’Accord et du processus Electoral n’est ni réaliste ni sincère. Dans un pays gagné par le fétichisme des dates, cela risque par contre de raviver la tension à l’approche de la fin de l’année.
  6. A la lumière de tout ce qui précède, et face à l’état actuel des choses, les chefs des confessions religieuses :
  7. Invitent les acteurs politiques et sociaux concernés par ledit accord à finaliser et à signer l’Arrangement particulier en s’investissant dans l’adoption rapide de la loi portant institution, composition, fonctionnement et organisation du Conseil National de suivi de l’Accord et du Processus électoral.
  8. Invitent à cet effet la classe politique à privilégier toute initiative allant dans le sens de l’unité, de la paix, de la réconciliation nationale et du bien- commun.
  9. Rappellent enfin l’objectif ultime des accords du 18 octobre 2016 de la cité de l’Union Africaine et du 31 décembre du Centre Interdiocésain de Kinshasa était de parvenir à un consensus permettant l’organisation des élections libres, crédibles, transparentes et apaisées, en tenant compte des exigences logistiques et techniques réelles.
  10. Félicitent la CENI pour le travail remarquable abattu qui a permis à ce jour de dépasser la barre de 22 millions d’enrôlés sur financement propre du Gouvernement de la République.
  11. Invitent les acteurs politiques, sociaux, culturels et religieux, à tous les niveaux, à ne pas promouvoir des voix discordants qui tendent à diviser plutôt qu’à unir, favorisant ainsi la planification du chaos ;
  12. Exhortent les acteurs politiques et sociaux, toutes tendances confondues au dépassement de soi et à se mettre autour de Monsieur Bruno Tshibala Nzenze nommé Premier ministre, Chef de Gouvernement par le Chef de l’Etat, après plusieurs mois d’atermoiements de la classe politique pour former le Gouvernement d’union nationale devant rapidement amener le peuple congolais aux élections.
  13. Réitèrent leur engagement à promouvoir l’entente entre les acteurs politiques, les gouvernants et la société civile, dans le respect de la laïcité de l’Etat consacrée par la constitution ;
  14. Exhortent la communauté internationale à orienter plus positivement son accompagnement en faveur de la paix et de la stabilité en République Démocratique du Congo ;
  15. Lancent un vibrant appel à l’apaisement et au sens de responsabilité de tous les acteurs et invitent à cet effet les fideles et les croyants à intensifier les prières.

Que Dieu bénisse le peuple congolais et garde la République Démocratique du Congo.

Fait à Kinshasa, le 24 avril 2017

 

Pour les Chefs des confessions religieuses ;

  1. Monseigneur Pierre Marini Bodho,

Eglise du Christ au Congo

  1. Cheikh ALI MWINYI M’KUU,

Communuaté Islamique en République Démocratique du Congo

  1. Révérend ELEBE KAPALAY Delphin,

Eglise Kimbanguiste

  1. Lieutenant-Colonel Esaïe NTEMBI LUKOMBO

Armée du Salut

  1. Eveque NTAMBWE MUMPEMPE,

Eglise du Reveil du Congo

  1. Professeur Théodore FUMUNZANZA GIMUANGA

Eglise Orthodoxe

  1. Monseigneur KANZA NSIMBA Maurice,

Union des Eglises Indépendantes du Congo

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