A quand la publication du calendrier électoral ? Corneille Nangaa : « Nous ne pouvons pas donner des dates pour plaire »

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Au cours du premier numéro de l’émission « NewsForum » tournée et diffusée en direct sur Internet hier mercredi 26 avril au Centre Wallonie Bruxelles par actualite.cd, le président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (Céni), Corneille Nangaa a éclairé l’opinion tant nationale qu’internationale sur quelques questions électorales en République Démocratique du Congo. Une émission interactive qui a permis aux internautes et une centaine des Congolais venus prendre part à cette production d’éclairer leur lanterne sur le processus électoral.

Après son discours sur la présentation de la situation électorale en RDC, Corneille Nangaa a répondu à différentes questions des internautes, de l’assistance et des professionnels des médias venus prendre part à cette émission. Un débat houleux, où le technicien congolais en matière électorale n’a pas fléchi en un seul instant. Par rapport à la publication du calendrier électoral, le Président de la Centrale électorale pense que cette question entre dans le cadre des perspectives. Ce, tout en relevant les différentes dimensions dont la Céni, ensemble avec le Gouvernement de la République doivent résoudre. Mais tout de même, Corneille Nangaa affirme que son organe a la responsabilité de conduire le peuple congolais aux élections. Et pour ce faire, il reconnait que son institution doit relayer l’indication sur le délai et les dates sur ce que l’on appelle calendrier électoral. Il souligne par ailleurs que le travail de la Céni se fait dans l’esprit de l’accord.

Quant aux facteurs ou dimensions, Corneille Nangaa énumère : Premièrement, il parle de la dimension logistique : « Pour publier le calendrier, ce dernier étant des dates précises par lesquelles la Céni vous dit qu’à telle date il y aura ceci ou cela, je dois avoir une idée claire sur la dimension de ce que j’ai comme instruments me permettant de déployer les matériels. Et ici, je salue la résolution 2348 qui a donné un mandat à la Monusco de nous appuyer sur la logistique ».

La deuxième dimension, selon le numéro 1 de la Centrale électorale, c’est celle liée aux finances. « Je ne peux pas fixer une date, tant que je ne sais pas combien le gouvernement va devoir libérer par mois. Ce travail est en cours, car le budget de la République est en débat au Parlement. Moi j’attends et je suis de près ce débat au Parlement pour que j’aie des indications claires sur le budget », dixit Nangaa. Poursuivant, il évoque la troisième dimension qui est politique. Apparemment, c’est là où le bât blesse, car Nangaa se pose à ce sujet plusieurs questions lui-même. « Les politiques auraient bien voulu que nous ayons des élections en décembre 2017. Je pense qu’il est nécessaire qu’ils assument ce qu’ils disent, c’est-à-dire, avoir les élections en décembre 2017 dépendrait de l’accord, dont la mise en œuvre devait commencer depuis janvier 2017. Quatre mois après la signature de l’accord, l’accord dit que la Céni, le Gouvernement et le CNSA doivent évaluer pour signer la date consensuelle et nous attendons. Je vous dis aussi que l’accord a été signé au 31 décembre 2016 et depuis lors, ils discutent de tout sauf les élections, mais la Céni essaye de jouer son rôle, car nous poussons déjà dans l’enrôlement. D’où, dès que toutes ces questions seront clarifiées, nous allons le publier », s’inquiète-t-il. Ce, tout en ajoutant que : « Je ne peux pas vous dire que je veux faire telle chose en telle date alors que je sais effectivement que je n’ai rien. C’est une question de responsabilité et je ne peux pas publier des dates pour plaire, car je sais qu’on est très exigeant à la Céni. Nous allons donner des dates en tenant compte de contextes politique, légale, technique et opérationnel ». Et parmi les autres questions, Corneille Nangaa a éclairé l’opinion sur la suspension de l’opération d’enrôlement et identification des électeurs dans le Kasaï, à cause de plusieurs actes de barbarie causés par le mouvement terroriste Kamuena Nsapu. Entre autre la mort de plusieurs agents de la Céni, la destruction de ses bureaux et le pillage de plusieurs matériels.

De la situation globale

Bien avant de répondre aux questions des internautes, assistance et professionnels des médias, Corneille Nangaa Yobeluo, président de la Céni, a dressé un aperçu global du processus électoral en RDC. Il a d’abord commencé par le contexte politique, qu’il qualifie de risque, car le pays est encore une jeune démocratie et il se recherche encore. De l’état de la démocratie, Corneille Nangaa pense qu’il y a des éléments qui montrent des indications positives, notamment la liberté des créations des partis politiques, dont la RDC compte 567 partis agréés et une soixantaine en attente. Un autre élément est celui de l’espace médiatique ouvert, car plus de 200 chaines de télévision, 600 titres des journaux, 1.200 radios, sites web et blog d’informations et actualités. Ensuite, il a évoqué les institutions publiques et organisations des Droits de l’homme, bien qu’il y a encore des efforts à fournir à cet effet. Elections et institutions démocratiques, c’est l’autre élément qu’il a révélé dans son speech, car en RDC, il y a des institutions qui sont démocratiquement élues, bien qu’il y a encore des efforts à fournir quant à ce. L’autre exemple à ce sujet est l’organisation de deux cycles électoraux, bien qu’ils n’ont pas tous été achevés, mais Nangaa dit que c’est une question de fond. Du contexte politique, le président de la République pense que la RDC a la possibilité d’une première alternance politique dans son histoire, avec les élections qui viennent. Il constate qu’il y a une méfiance absolue d’acteurs des politiques envers le processus électoral et même envers la Céni. Concernant l’absence d’un registre d’Etat civil, Corneille Nangaa affirme que tant que la RDC n’aura pas ce registre, même 30 ans après, le pays continuera à connaître le problème de glissement. « Il faut qu’on identifie les Congolais, qu’on lui donne la carte d’identité et qu’on ait un registre d’Etat civil pour que la Céni ne fasse plus tous les 5 ans, la révision du fichier électoral, mais qu’elle tire de ce registre, à une échéance bien déterminée, le fichier pouvant permettre d’aller aux élections ». Quant aux défis financiers et logistiques, le président de la Céni a souligné qu’1 milliards de dollars pour les élections dans un pays comme la RDC, est un défi énorme. Il pose la question ci-après : que devons-nous faire pour que le budget des élections ne puisse pas être un blocage ? Iic, il pense que tous les acteurs et partenaires doivent s’assumer. Enfin, Corneille Nangaa a fait état sur l’opération d’enrôlement et identification des électeurs en RDC qui a d’abord été lancé dans la province pilote du Nord-Ubangi, ensuite dans les douze provinces et d’ici le 29 avril dans les dernières aires opérationnelles. Ce, tout en relevant les différentes difficultés rencontrées, notamment au Kasaï où plusieurs agents de la Céni ont trouvé la mort, des bureaux saccagés et des matériels pillés. Ce qui a même occasionné la suspension de l’opération dans cette partie de la République jusqu’au rétablissement de la paix.

(Bernetel Makambo)

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