A l’occasion de la fête de l’Europe à Kinshasa: L’UE soutient le processus électoral

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L’Union européenne, avec ses partenaires dont les Nations Unies,  l’Union africaine,  la SADC et  la Francophonie sont toujours aux côtés des Congolais engagés plus que jamais sur la voie des élections. C’est ce qu’on peut retenir en substance de l’allocution de l’ambassadeur Bart Ouvry, chef de délégation de l’Union européenne, du 9 mai 2018 à Kinshasa.

C’était  à l’occasion de la fête de l’Europe célébrée ce jour, dans la soirée. L’occasion faisant le larron, l’ambassadeur de l’UE a affirmé aussi célébrer les relations entre l’Union européenne et la République démocratique du Congo. En effet, même avant que le Congo n’obtienne son indépendance, déjà en 1958, a-t-il rappelé, la Commission européenne avait ouvert un bureau de représentation.

« Nous fêtons donc cette année, 60 ans de relations et d’échanges entre le Congo et l’Union européenne. Je crois que la plupart d’entre nous et même votre orateur ce soir, n’étaient pas nés en 1958. Plusieurs générations se sont succédé depuis cette date… », a commencé l’ambassadeur Bart Ouvry. Et d’ajouter : « je reste convaincu que l’Union européenne peut continuer à soutenir le Congo à lutter contre la pauvreté, à favoriser une croissance inclusive et durable qui apporte des bénéfices à la population et finalement aussi à préserver et exploiter durablement ses ressources naturelles ».

Touchant au sujet auquel plus d’un s’attendaient, c’est-à-dire ce que pense l’UE de la tenue des élections prochaines en Rd Congo,  le diplomate a souligné qu’ « on ne peut rappeler suffisamment que l’enjeu est historique, étant donné que  pour la première fois dans son histoire, le Congo pourrait connaitre une transition qui soit un fait des urnes et non des armes ». Et de mettre la puce à l’oreille des uns et des autres : « on ne doit pas s’attendre à un long fleuve tranquille dans le déroulement de ce processus électoral; cela reste une compétition. Mais nous devons porter un regard le plus objectif et équitable possible sur ce qui se joue en ce moment ».

Des réalités têtues

Plusieurs points ont été épinglés, parlant de ce chapitre électoral. De prime abord, l’engagement de la Rdc en route vers les élections. D’abord, « nous avons noté l’engagement de la CENI et du gouvernement en faveur d’élections le 23 décembre prochain et l’agenda est largement respecté, le chef de l’Etat vient, il y a à peine quelques heures, de promulguer la loi sur la répartition des sièges. Nous observons que opposition comme majorité s’organisent pour concourir au scrutin et je m’en félicite », a déclaré le l’ambassadeur chef de délégation de l’UE.

Quant à la question liée au financement dudit processus, Bart Ouvry dit que « le gouvernement nous a informés qu’il ne souhaite pas faire appel à un co-financement international des élections et nous en prenons note ». Toutefois, a-t-il lancé, « notre offre d’un appui financier et technique reste néanmoins valable », avant de marteler : « Il serait en effet peu responsable de ne pas respecter le calendrier, si jamais l’argent venait à manquer ».

Dans ce registre, doit-on encore retenir, « avec nos collègues des Nations Unies, de l’Union africaine, de la SADC et de la Francophonie, nous sommes à disposition pour répondre à toute demande d’expertise et d’autres appuis qui peuvent contribuer à la qualité du processus électoral. Nous participons dans cet esprit en ce moment en tant qu’observateur, à l’audit en cours du fichier électoral effectué ici à Kinshasa par l’Organisation internationale de la Francophonie et cela suite à une invitation de la CENI ».

C’est le lieu de rappeler aussi avec l’ambassadeur chef de délégation de l’UE qu’en dehors des aspects matériels de la préparation des élections, la qualité de l’environnement en termes de droits de l’Homme et d’espace politique est essentielle pour arriver à un scrutin qui reflète effectivement la volonté de la population. Des pas ont certes déjà été accomplis dans la bonne direction, mais nous espérons nettement plus en termes de décrispation en conformité aux termes de l’Accord politique inclusif conclu le 31 “décembre 2016. Nous regrettons les décès et les blessures de personnes réprimées dans l’expression de leur opinion.

Parlant du rassemblement d’un parti d’opposition, UDPS pour ne pas le citer, qui  s’est déroulé récemment à Kinshasa et a pu se faire sans le moindre incident, ce qui est encourageant, le patron de l’UE à Kinshasa « reste convaincu que les Congolais, qu’ils soient de l’Est, de l’Ouest, du Sud ou du Nord ou du Centre du pays sont ouverts à un véritable esprit démocratique et veulent exercer leurs droits politiques sans faire appel à la violence ».

A l’en croire, les groupes armés criminels qui sévissent dans des parties du pays ne sont pas le produit d’une volonté populaire, bien au contraire. C’est pour cela que Bart Ouvry dit saluer « le rôle crucial joué  par la MONUSCO pour assurer un environnement plus sécurisé pour les élections à venir ». Et de rappeler que « seul une bonne coopération entre les forces de l’ordre congolaises et la MONUSCO pourra apporter les résultats qu’espère la communauté internationale qui a renouvelé le mandat de cette opération de maintien de la paix de manière consensuelle – c’est en soi déjà un signal important », a-t-il encore insisté.

Toujours au chevet de la Société civile, le numéro 1 de l’UE en Rdc affirme que « de par nos appuis à la société civile, nous constatons tous les jours le dynamisme de la population congolaise à travers son esprit entrepreneurial dans l’économie sociale et solidaire. La contribution de la société civile dans la fourniture des services sociaux de base n’est plus à démontrer. Tant au niveau de l’éducation que de la santé, les Congolaises se battent avec les moyens du bord pour soulager les souffrances de plus démunis des Congolais et Congolaises ».

Les élections incontournables

Abordant cette question à laquelle les participants attendaient un message clair de l’UE alors que la CENI négocie la dernière ligne droite de la tenue des élections, l’UE est restée égale à elle-même : « J’exprime ma confiance que la progression vers des élections est devenue incontournable. Nous sommes géographiquement ici proches du grand fleuve Congo et ses eaux stagnent rarement et descendent inexorablement vers l’embouchure du fleuve dans l’océan. Avec nos partenaires des Nations unies, de l’Union africaine, de la SADC et de la Francophonie, nous sommes dans une  démarche constructive et cohérente pour faire aboutir le processus électoral  en conformité à l’Accord de la Saint Sylvestre et du calendrier électoral. C’est  un enjeu pour la stabilité de toute l’Afrique centrale et si mes voyages au  Congo m’ont appris une chose, c’est bien l’aspiration profonde des citoyens congolais à exercer leurs droits lors d’élections crédibles et dans un climat apaisé », a encore martelé l’ambassadeur. Affirmant que « l’une de nos tâches principales est également de travailler avec les Congolais pour enraciner la démocratie, l’Etat de droit et les droits de l’Homme, de contribuer à la paix et à la stabilité en République démocratique du Congo et dans les 9 pays voisins ».

D’autres défis à relever

Poursuivant son allocution, Bart Ouvry a reconnu que les défis ne manquent pas. « Nous avons tous appris hier les rapports sur une possible épidémie d’Ebola. Nous y prêtons grande attention et l’Union européenne avec son bureau humanitaire et la DG ECHO continue à apporter – et cela depuis plusieurs décennies – une assistance humanitaire de poids aux populations congolaises. Trop de citoyens congolais, parmi les plus vulnérables, se trouvent affectés par les crises sécuritaires, les catastrophes naturelles et les épidémies », dit-il.

Quant à la situation des droits de l’Homme, l’Union européenne se dit préoccupée et coopère avec la RDC dans la lutte contre l’impunité. Les premiers succès enregistrés au cours des derniers mois dans les procès à l’encontre de chefs de milices, de politiciens reconvertis en chefs de milices ou d’hommes en uniforme pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité doivent être salués. Les efforts réalisés par les juridictions militaire et civiles, les avocats et défenseurs judiciaires spécialisés ainsi que les organisations de la société sont encourageants. Ils doivent être maintenus pour améliorer l’accès à la justice et à la réparation effective pour toutes les victimes de violations graves des droits humains et du droit international humanitaire partout où elles sont commises.

Dans le même contexte des droits de l’Homme, a dit encore l’ambassadeur Ouvry, «  je tiens à rendre hommage au travail et au dévouement des femmes congolaises pour le bien-être de leurs foyers, maris, enfants et parents. En 2016, le code de la famille a été revu et c’est une porte d’entrée qui peut nous amener des avancées significatives pour l’égalité des femmes et des hommes partout dans la République », a affirmé M. Ouvry, souhaitant encourager, en « cette journée de célébration des valeurs de l’Europe, tous les garçons et les hommes du pays à soutenir les filles et les femmes dans cette lutte dont les avancées seront bénéfiques à tout un chacun. L’Union européenne y travaille activement et cela a été un souci dans notre action en appui aux élections en RDC », a-t-il achevé.

(Emmanuel Badibanga)

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