A l’issue de la réunion de Genève: Alan Doss choisit Fayulu

De la fumée blanche attendue de la réunion de la Suisse financée par la Fondation Kofi Annan, n’est sortie qu’une petite fumée rouge, ne donnant aucun espoir et décourageant tous ceux qui espéraient encore à une alternance politique en République démocratique du Congo grâce à l’opposition politique. En effet, contre toute attente, les opposants qui étaient réunis en Suisse ont jeté leur dévolu sur Martin Fayulu, du reste poids mouche, comparativement à tous les poids lourds qui étaient alignés jusque-là. Mais tous ceux qui sont au parfum de l’actualité politique du pays ne seront pas du tout étonnés, car ce choix n’est nullement celui des Congolais ; mais des Occidentaux et autres impérialistes qui estiment que Fayulu aurait un portrait capable de bien défendre leurs intérêts. Le cadre choisi et le parrainage sont très diseurs sur l’intention d’Alan Doss, ancien représentant du Secrétaire général de l’ONU en Rdc, et derrière lui, tous les étrangers qui opèrent contre les intérêts de la Rdc. Alan Doss n’est que l’arbre qui cache la forêt. Pour s’en rendre compte, il faut revenir aux propos de Félix Tshilombo, lesquels ont provoqué un lever de bouclier. Selon lui, en effet, l’UDPS ira aux élections avec ou sans la machine à voter. Et bien avant cette réunion, l’UDPS a pris une décision plus ou moins claire, selon laquelle son candidat était Fatshi. Cette prise de position de l’UDPS ne pouvait pas passer du côté d’autres candidats présidents de la République qui ne rêvent que du chaos et de la conquête du pouvoir par des manifestations publiques. En manifestant sa volonté d’aller aux élections, contrairement à Bemba et à Moïse Katumbi, Fatshi s’était fait disqualifié et il n’attendait rien de ce semblant de réunion. Tous les avertis pensaient que Fayulu passerait, Fatshi étant devenu ingérable.

Disons que les impérialistes eux-mêmes savent pourquoi ils ont porté leur choix sur Fayulu, candidat dont on sait qu’il n’a pas d’assise populaire et reste inconnu dans beaucoup de provinces, à part Kinshasa. Donc, compter aujourd’hui sur Fayulu, c’est déjà un échec qui se profile à l’horizon et on ne voit pas comment l’opposition pourrait renverser la vapeur. Dans le même ordre d’idée, le choix de Fayulu va obligatoirement provoquer la scission de l’opposition. Ceci, parce qu’une frange importante de l’opposition ne voit pas comment elle va battre campagne pour un candidat qui, non seulement ne rassure pas, mais aussi il n’est pas celui dont les sondages ventaient les prouesses. Et tous les observateurs de la scène politique congolaise ne se gênent pas de dire que le choix de Fayulu préfigure déjà l’échec de l’opposition et ça sera une fois de plus de l’argent jeté par la fenêtre par cette Fondation qui porte le nom de l’ancien Secrétaire général de l’ONU.

Avec ce choix plus ou moins surprenant, les observateurs politiques estiment que c’est une passe en or qui est faite à Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du Front Commun pour le Congo (FCC), qui ne va pas trop se dépenser devant un adversaire qui est pratiquement l’ombre de lui-même. Même si visiblement Fatshi était serein, c’est son retour à Kinshasa qui pourrait changer la donne. Déjà couve une marche anti-Fayulu, à en croire des  sources proches des combattants. A Kinshasa, aucun combattant n’est disposé à donner sa voix à Fayulu. Même si Vital Kamerhe, Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito et Kiungu wa Kumwanza ont accepté de battre campagne dans leurs provinces respectives, notamment l’ex-Grand Kivu, l’ex-Grand Equateur, l’ex-Grand Bandundu et l’ex-Grand Katanga, le manque d’adhésion à la candidature commune va provoquer l’éparpillement des voix. Fait qui sera préjudiciable au candidat de l’opposition, considéré comme menu fretin, comparativement au dauphin du FCC…

Au regard de tout ce qui précède, qu’est-ce que Fayulu fera pour s’opposer à la machine à voter ou exiger qu’on extirpe les électeurs sans empreintes ? Visiblement, Fayulu est celui qui a été préparé par les impérialistes pour un être à la tête d’un mouvement contre la machine à voter et les électeurs indélébiles. Mieux, lorsqu’il aura perdu les élections à venir, il sera sur la ligne d’attaque afin de contester les résultats des urnes. Mais à ce jour, il n’a d’autre choix que de bien préparer sa campagne électorale et de mettre en place sa stratégie de victoire. Il doit mettre un rideau sur la machine à voter qui, de plus en plus, se fait accepte de tout le monde. Et si Fayulu veut s’opposer à la machine à voter, il mettrait à dos l’UDPS.

JMNK

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