A la veille du dialogue national: Rdc-Communauté internationale ou « je t’aime, moi non plus » (suite et fin)

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Le Représentant personnel du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon en Rd Congo, M. Martin Kobler, capté sur les antennes de la Rtg@ World, émission Grand Jury du jeudi 11 juin 2015, n’est pas allé par le dos de la cuillère pour aborder tant de dossiers qui fâchent et semblent à petit feu effriter la confiance des uns vis-à-vis des autres.

De cet entretien, des questions ayant trait à la sécurité de la Rdc font l’objet de cette dernière partie. C’était au micro de Patrick Mpezo et Emmanuel Badibanga, tous deux Rédacteurs en chef, respectivement à la Télé Rtg@ World et au Journal l’Avenir.

Contexte électoral

Le Président Joseph Kabila s’est entretenu, jeudi au Palais de la Nation, avec les ambassadeurs et les responsables des organismes internationaux accrédités en RDC, en prévision du dialogue.

Tous ces invités se sont déclarés favorables à la tenue d’un dialogue inclusif pour des élections apaisées en République démocratique du Congo.

  1. Chungong Ayafor, ambassadeur du Cameroun en RDC et doyen du corps diplomatique, a déclaré à la presse que le Président Joseph Kabila leur a fait, à cette occasion, une communication sur sa démarche, qui leur a permis de recueillir l’information à la source. C’est quand le Chef de l’Etat aura réuni toutes les conclusions de ces consultations qu’il les invitera pour les informer de la tenue du dialogue, de son ordre du jour et de ses participants, a-t-il ajouté.

Martin Kobler, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC, a pour sa part affirmé que la communauté internationale est prête à accorder son « plein » soutien à la tenue des élections libres, paisibles et crédibles en RDC. Pour lui, la constitution devra être respectée dans les résolutions, de même que le calendrier devra être exécuté de manière réaliste par rapport aux élections législatives et présidentielle jusqu’à novembre 2016.

S’agissant de la médiation de la communauté internationale, le chef de la Monusco a fait savoir qu’il faut que les interlocuteurs soient d’accord pour les bons offices. « Nous ne sommes pas des joueurs politiques, mais nous pouvons offrir les bons offices, les facilitations et les témoignages actifs, si les partenaires le désirent », a-t-il déclaré.

Martin Kobler a dit, par ailleurs, avoir rassuré le Président Joseph Kabila du rôle positif de la MONUSCO en ce qui concerne les questions des fichiers électoraux, de nouveaux majeurs, du budget et du calendrier électoral.

Jean-Michel Dumond, représentant de l’Union européenne (UE) en RDC, a déclaré que son organisme est prêt à jouer un rôle positif aux élections, afin que celles-ci soient libres, transparentes, démocratiques et tenues conformément aux échéances constitutionnelles, dans un climat apaisé. « Toutes ces questions seront discutées avec la CENI, à qui il appartient d’établir un calendrier électoral réaliste », a-t-il ajouté.

Contexte sécuritaire

Les propos sont de Martin Kobler, reçu sur la Radiotélévision du Groupe l’Avenir (Rtg@ world), le même jeudi 11 juin, quelques heures seulement après le tête-à-tête avec Joseph Kabila sont à bien analyser. La situation sécuritaire a du plomb dans l’aile, bien que des avancées très significatives soient indéniables, peut-on retenir.

A la question de savoir ce qui reste à faire pour stabiliser l’Est de la Rd Congo, dont la situation sécuritaire demeure préoccupante, malgré le déploiement massif des casques-bleus, le représentant de Ban Ki-moon reconnait : « Vous avez raison. Mais nous avons de très bonnes opérations mixtes contre les FRPI. On a neutralisé un grand % de leur dispositif. Après négociation, ils ont quitté la table des négociations. Mais les opérations continuent. Les Bangladeshis ont combattu de manière excellente aux côtés des Fardc,… ».

Pourtant les négociations entre Kinshasa et la Monusco piétinent quant à l’opération dite Sukola 2, avec la traque conjointe contre les FDLR,… Kobler réagit sur un ton bourru : « L’union fait la force ! Si les Fardc et nous, combattons ensemble, ça va produire du bon résultat. Les gens veulent les effets de la coopération entre les Fardc et la Monusco. On a commencé avec les questions des droits de l’homme, l’expulsion de l’un d’entre nous [Scott Campbell],… et ça bloque depuis février. Toutefois, nous poursuivons dans le cadre du dialogue stratégique ».

Mais où en est-on avec le rapatriement des Fdlr ? Kobler est resté égal à lui-même : « C’est un processus volontaire. On ne doit pas les forcer, les mettre dans un camion et les rapatrier au Rwanda,… ça ne marche pas comme ça. J’ai l’impression que là où ils sont, les officiers prennent les autres combattants en otage. J’ai dit aux officiers que bloquer le processus de rapatriement pour des raisons politiques, c’est un crime contre les enfants ».

Cette question sera aussi à l’ordre du jour du groupe de contact à Bruxelles, sait-on. Mais de quoi va-t-on parler exactement ? Le patron de la mission onusienne en Rdc dévoile : « … du processus politique aussi bien en Rdc qu’au Burundi. Ils sont au nombre de 10.000 réfugiés en Rdc. Bref, la situation électorale et la situation sécuritaire avec la reprise des opérations contre les ADF et les FDLR [seront au menu]. Nous avons un slogan : ‘’un réfugié est un réfugié de trop ».

Pour terminer, Martin Kobler a parlé de la grogne des agents de la Monusco : « le gouvernement nous demande de réduire nos effectifs. On respecte la procédure avec les indemnités de sortie. 15 ans, c’est trop ! Il faut partir. La Rdc n’est pas le Chypre ». Quant à la situation des droits de l’homme,  il insiste : « c’est un sujet de principes des Nations Unies. La situation a évolué, mais il y a toujours des problèmes. Cependant, nous allons toujours continuer avec notre Bureau conjoint, aussi bien discrètement que publiquement ».

 

Propos rendus par

(Emmanuel Badibanga)

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