A la tribune des Nations Unies: Kabila confirme la tenue des élections

A la tribune des Nations Unies, Joseph Kabila réaffirme la souveraineté du Congo et la tenue des élections sans ingérence extérieur.

…et appelle à la sincérité des partenaires

Comme L’Avenir l’a si bien dit dans sa dernière édition, à la 72ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Chef de l’Etat congolais avait un look particulier, inhabituel qui traduit parfois la mélancolie, le désespoir, le désarroi, la rigueur ou la détermination d’un homme qui ne veut pas laisser son pays entre les mains des prédateurs et autres affidés des occidentaux impérialistes. C’est dans ce contexte précis qu’il faut situer son discours.

S’agissant des élections au Congo, le Président de la République Démocratique du Congo a indiqué que son pays est irréversiblement engagé dans le processus démocratique suivant l’Accord du 31 décembre, ayant mis en place le gouvernement d’union nationale et le CNSA organe d’évaluation dudit processus. La Commission Electorale Nationale Indépendante est la seule institution habilitée à publier le calendrier électoral, sans pression ni humeur de qui que ce soit. Cependant, l’ingérence dans les affaires internes du Congo ne sera pas tolérée. Par cette mise au point devant la tribune de la 72ième session de l’Assemblée Générale, Joseph Kabila a réaffirmé l’intangibilité et la souveraineté de la République Démocratique du Congo sur les questions internes, qui touchent aux préoccupations des Congolais, à l’organisation surtout des élections dans le territoire de Simon Kimbangu.

« Nous y faisons donc face avec humilité, mais aussi avec une indéniable ténacité : Vu toutes ces avancées, j’affirme que le cap vers les élections crédibles, transparentes et apaisées est définitivement fixé et que notre démarche dans cette direction est irréversible. Le tout, sans ingérence extérieure ni diktat quelconque. Aux vrais amis de mon pays, je demande de soutenir sincèrement le processus électoral en cours », a-t-il précisé.

Sur cette question d’ingérence de la communauté internationale, les pays dits occidentaux et grandes puissances, à savoir les Etats Unis, la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne, la Belgique constitue une violation du droit international. Ceci dit, la Rdc ne s’ingère jamais dans les questions internes de ces pays cités ci-haut, ni ceux de l’Afrique. Elle  n’attend plus admettre que cela se fasse au pays de M’Zée Laurent Désiré Kabila. Toutefois, la RDC reste ouverte au monde sur toutes autres matières qui relèvent de la compétence universelle.

Poigné des mains Joseph Kabila et Antonio Gutierrez, respectivement Chef de l’Etat de la République Démocratique du Congo et Secrétaire Général des Nations Unies. Ph/ ONU

A la 72ième Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le premier citoyen congolais a réaffirmé la nécessité de promouvoir la paix, gage du développement, mais également brossé le tableau de la situation sécuritaire que son pays, victime des actes terroristes, avant de condamner les auteurs de ces atrocités. Pour Joseph Kabila,  il n’y a pas la paix sans justice. D’où, les différents procès qui ont condamné les auteurs de crimes, mais également de viols. Sur cette question, le Chef de l’Etat a une fois de plus insisté sur la nécessité d’éclairer l’opinion tant nationale qu’internationale quant à la circonstance exacte de la mort de deux experts onusiens tués par les miliciens « Kamwena Nsapu », lorsqu’il l’affirme en ces termes « l’incidence et les circonstances que je déplore la barbarie dont les deux experts de notre organisation ont été victimes en mars 2017. Notre détermination est de faire qu’en sorte, la lumière sur la circonstance exacte de ce crime soit clarifiée afin que cet acte ignoble, ainsi que ceux dont nos compatriotes ont été victimes ne reste pas impuni »,

Quant à la problématique de la présence de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour le maintien de la paix au Congo, Monusco, Joseph Kabila n’a pas mâché les mots. Cette question doit être redimensionnée. C’est la mission la plus grande et budgétivore depuis l’histoire des Nations Unies, avec un personnel et matériels déployés sur le sol congolais. 20 ans durant, elle n’est pas en même de stabiliser ni éradiquer un seul groupe armé sur le territoire congolais, plus particulièrement dans sa partie orientale. Donc, à en croire le premier citoyen congolais, cette mission a affiché ses limites malgré les moyens et le personnel engagé.

« Il est revenu sur la nécessité du maintien du dialogue stratégique entre la RDC et l’ONU concernant l’avenir de la Monusco. Ce dialogue, a-t-il estimé, « devra déterminer le rythme de réduction de la force de la MONUSCO jusqu’à son retrait total », tant il est vrai qu’une vingtaine d’années après son déploiement sur le territoire congolais, il n’est pas question pour cette force de « nourrir l’ambition de rester indéfiniment » en RDCongo « ni d’y exercer son mandat avec le même format et sans tirer les leçons des faiblesses constatées ».

Ainsi donc, le redimensionnement de cette Mission des Nations Unies s’avère nécessaire, opportun et salvateur étant donné les bévues que cette mission a commis au Congo avec la vente d’armes aux ennemis du Congo, sa passivité d’écraser les rebellions à l’Est du pays, son implication avérée  dans la nomination des officiers supérieurs des Forces Armées de la République Démocratique du Congo.

Invitée par le Gouvernement de la République, la Monusco s’est comportée comme ennemis du Gouvernement dans la gestion de certains dossiers qui relèvent de la compétence des autorités du pays. L’on se souvient dans un passé récent, le soutien de Martin Kobler, Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies, à l’opposition lorsqu’elle avait rejeté les deux calendriers élaborés par la Ceni.

Est-ce dans les missions lui assignées par le Conseil de sécurité, il était prévu l’implication de la Monusco dans la prise de décisions des autorités des institutions du pays ? En plus, tout le monde se souviendra que les véhicules de cette Mission ont été assurés au Rwanda voisin, plutôt au Congo où ils ont parfois mis fin à la vie de certains compatriotes du fait que leurs charrois sont immunisés. Pourquoi cette mission opère au Congo, mais ses véhicules assurés au Rwanda agresseur du Congo ? Même le diable ne peut l’admettre. Tout compte fait, la Monusco a un agenda caché que les Congolais n’arrivent pas à déceler. Mais, le premier citoyen du pays a dit, cette question doit être redimensionnée. C’est-à-dire réduire ses éléments, soit quitter définitivement le territoire national, ou s’impliquer réellement dans le maintien de la paix et éradication totale des groupes armés.

(Pius Romain Rolland)

Ci-dessous l’allocution de son Excellence Monsieur Joseph Kabila Kabange, Président de la République Démocratique du Congo a la 72ème  Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies

Monsieur le Président de la 72eme Session Ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies,

Monsieur le Secrétaire Général des Nations-Unies,

Mesdames et Messieurs les Chefs d’États et de Gouvernement,

Mesdames et Messieurs,

Monsieur le Président,

Mes très vives et chaleureuses félicitations pour votre élection qui est une reconnaissance de votre brillante carrière de diplomate et un hommage à votre pays, la Slovaquie.

Je rends également hommage à Monsieur le Secrétaire Général Antonio GUTERRES, pour son leadership et ses efforts en faveur du renforcement du rôle de notre Organisation durant cette première année de son mandat.

Le thème de la présente session : « Priorité à l’être humain : paix et vie décente pour tous sur une planète préservée », répond aux préoccupations du moment dans la plupart des Etats membres de notre organisation. Je m’en réjouis car il s’inscrit dans la logique des Objectifs du Développement Durable et pour mon pays, la paix, la stabilité et l’amélioration des conditions de vie de nos populations constituent les priorités du Gouvernement.

Monsieur le Président

Il y a soixante-douze ans, notre Organisation est née de l’ambition de refonder les rapports entre Etats sur la base du principe de l’égalité souveraine et de la volonté de garantir la paix et la prospérité pour tous. Cette ambition demeure pertinente et est quotidiennement portée par l’engagement des femmes et des hommes déterminés à la faire triompher, parfois au péril de leurs vies.

Face à la montée du terrorisme, sous formes diverses, il est incontestable que le monde auquel nous aspirons ainsi dépend du traitement que nous réservons aux questions de paix et de sécurité.

Depuis une année, mon pays est victime d’attaques terroristes menées par certains groupes armés, notamment dans les Provinces du Kasaï, voire dans la capitale, et dont l’objectif est d’anéantir la paix si chèrement acquise, de contrarier la dynamique des solutions consensuelles obtenues au niveau national et de miner nos efforts de développement.

Dans le Kasaï, une milice mystico-tribale se servant de la population civile, dont des enfants, comme bouclier humain et s’attaquant aux personnes et aux édifices publics qui symbolisent l’autorité de l’Etat, a ainsi semé la terreur, procédant notamment à la décapitation d’agents de l’ordre, d’agents de la Commission Electorale Nationale Indépendante ainsi que des autorités administratives et coutumières. Et c’est

dans ces circonstances que je déplore la barbarie dont les deux Experts de notre organisation ont été victimes en mars 2017.

Notre détermination est de faire en sorte que la lumière sur les circonstances exactes de ce crime soit clarifiée afin que cet acte ignoble, ainsi que ceux dont nos compatriotes ont été victimes, ne restent pas impunis.

C’est le sens des procès publics ouverts depuis plusieurs semaines, après l’arrestation de la plupart des suspects présumés coupables.

C’est aussi le sens de la Conférence sur la paix, la réconciliation et le développement qui vient de se tenir, en ayant pour objectifs d’établir la vérité sur ce qui s’est réellement passé dans ces provinces du centre du pays, de promouvoir la réconciliation entre les filles et fils desdites provinces et d’affirmer notre conviction que toute réconciliation passe nécessairement par la Justice et qu’il n’y a pas de paix véritable et durable sans justice. Mon pays reste ouvert à toutes formes de collaboration à ce sujet.

Monsieur le Président

Grâce à cette approche qui combine le rétablissement de l’autorité de l’Etat, le dialogue et la justice réparatrice, nous avons inversé la tendance dangereuse de la situation sécuritaire au centre du pays avec comme résultat une amélioration très significative de la situation.

Dans la partie orientale, les efforts méritoires fournis par les forces nationales de défense et de sécurité ont permis, quant à eux, de contenir les attaques terroristes du groupe ADF qui endeuillait quotidiennement nos populations.

Nous sommes convaincus que l’initiative de coopération sous régionale entre mon pays, le Soudan du Sud et la République Centrafricaine permettra, tout autant, d’endiguer la menace terroriste LRA. Il faut considérer notre participation à cette dynamique comme la preuve de notre détermination dans le combat mené par la coalition contre cette menace.

S’agissant de la lutte contre les violences sexuelles, je me félicite des progrès remarquables manifestes enregistrés par la Justice qui a prononcé de centaines des décisions de condamnation pour viols, n’épargnant aucun auteur de ces crimes en vertu de sa position sociale ou dans la hiérarchie militaire, preuve de la fin de l’impunité dans ce domaine.

Monsieur le Président

Deux ans après l’adoption de l’agenda 2030 des Nations Unies, il n’est pas trop tôt de commencer à en évaluer la mise en œuvre. En exécution de ses engagements, mon pays a tenu à prioriser, dans l’élaboration comme dans la mise en œuvre de son Plan National de Développement, les dimensions environnementale, sociale et économique du développement durable.

Plus spécifiquement, en soutien au Programme d’Action Mondial pour l’Education, mon pays met l’accent sur l’élargissement de l’accès, l’équité, l’amélioration de la qualité de l’apprentissage et l’amélioration de la gouvernance dans le secteur.

D’ores déjà, nous nous félicitons de la promotion de l’accès à l’école pour la jeune fille, dont le taux brut de scolarisation est passé en l’espace de dix ans, de soixante-dix pour cent à près de 105 % et de la mise en œuvre du plan de construction de milliers d’écoles sans omettre de profondes réformes engagées dans ce secteur.

Quant au changement climatique, il nous préoccupe au plus haut point étant une menace pour l’homme et ses droits fondamentaux. Contribuer à en limiter l’impact est la traduction même du sens de responsabilité qui repose sur chacun de nos Etats.

Mon pays avec les autres pays du bassin du Congo, qui constituent ensemble la deuxième réserve forestière mondiale, sont outillés à travers la Commission des Forêts d’Afrique Centrale pour contribuer à l’amélioration de la qualité de vie sur notre planète.

Pour sa part, mon pays entend tenir tous ses engagements, à commencer par la ratification en cours de l’Accord de Paris.

En dépit de ces avancées, les défis en vue de l’organisation des élections dans mon pays demeurent énormes, tant au plan logistique, financier, sécuritaire que normatif.

Nous y faisons donc face avec humilité, mais aussi aavec une indéniable ténacité.

Vu toutes ces avancées, j’affirme que le cap vers les élections crédibles, transparentes et apaisées est définitivement fixé et que notre marche dans cette direction est irréversible. Le tout, sans ingérence extérieure ni dictât quelconque.

Aux vrais amis de mon pays, je demande de soutenir sincèrement le processus électoral en cours.

Monsieur le Président

La charte des Nations Unies nous impose des obligations dont le respect conditionne l’émergence d’un monde meilleur. C’est la raison pour laquelle, la RDC maintient le dialogue stratégique avec les Nations Unies sur l’avenir de la MONUSCO, conformément à la résolution pertinente du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cette revue stratégique devra déterminer le rythme de réduction de la force de la MONUSCO jusqu’à son retrait total.

Il est clair que près de vingt ans après son déploiement, la force onusienne ne peut nourrir l’ambition de rester indéfiniment dans mon pays, ni d’y exercer son mandat avec le même format et sans tirer les leçons des faiblesses constatées.

Ce qui nous importe et qui devrait être important aux yeux de tous ceux qui tiennent à la crédibilité de notre Organisation, c’est l’efficacité effective de l’apport des troupes onusiennes sur le terrain. Voilà pourquoi, depuis plusieurs années, nous exigeons le redimensionnement de la force de la MONUSCO au regard de missions devenues dynamiques et la réorientation des moyens ainsi dégagés vers la satisfaction de nos besoins de développement.

En ce domaine, comme en d’autres, nous n’entendons pas transiger avec le respect dû à la souveraineté de la République Démocratique du Congo telle que garantie par la Charte de notre Organisation.

Monsieur le Président, pour terminer, je voudrais croire que tous ceux qui placent leurs espoirs dans les Nations Unies, et mon pays en fait partie, auront à cœur de s’investir pleinement dans la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable, ainsi que dans la réforme tant attendue de notre organisation.

Je souhaite plein succès à nos travaux et vous remercie pour votre attention.

 

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse