A Bruxelles: F. Tshisekedi joue à l’apaisement

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La mort d’Etienne Tshisekedi annoncée depuis le 1er février dernier commence à diviser l’UDPS, Union pour la démocratie et le progrès social. D’aucuns se demandent déjà à quoi va ressembler dans les tout prochains jours ce parti pour lequel le vieil opposant s’est battu bec et ongles, durant près de quatre décennies, jusqu’à son dernier souffle. Va-t-elle imploser sous la pression de ceux qui cherchent en réalité à se positionner ou de ceux qui trouvent ici une occasion de se repositionner? Peut-être les deux.

Qui croire ?

La question est devenue plus claire après la conférence de presse tenue hier lundi 13 février 2017 à Bruxelles. Le grand point à l’ordre du jour étant le dossier du rapatriement du corps du Sphinx. De prime abord, la famille d’EtienneTshisekedi ne conditionne pas le rapatriement de la dépouille vers la Rd Congo par l’application de l’accord de la Saint Sylvestre. C’est donc « un souhait et non une obligation’ » a dit le pressenti Premier ministre Félix Tshisekedi, fils de son père,  doublé du titre de  Secrétaire général adjoint en charge des questions diplomatiques et politiques de l’UDPS. Ce, contrairement au bouillant Jean-Marc Kabund qui, voulant en faire trop au nom du parti dont il est encore Secrétaire général.

C’est le cas de le dire, rapatriement de la dépouille mortelle d’Etienne Tshisekedi contre application de l’accord de la Saint-Sylvestre, considéré à tort  comme testament politique (inachevé) de l’illustre disparu, est le chantage qu’exerceraient la famille et le parti de Tshisekedi sur le régime Kabila.

D’ores et déjà, deux sons de cloche ! Entre Félix Tshisekedi et Jean-Marc Kabund on peut se demander qui vaut à la fois côté famille et côté  légitimité pour parler au nom de la famille et au nom du parti. Sans mettre un gant de velours sur une main de fer, l’on doit s’attendre à des conséquences fâcheuses contre le Secrétaire de l’UDPS, qui a, à outrance, politisé les obsèques d’Etienne Tshisekedi.

Une autopsie, pour quoi faire ?

Toujours en rapport avec cette sortie médiatique, Félix-Antoine Tshisekedi, a affirmé que sa famille envisage une autopsie du corps d’Etienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles, il y a deux semaines.

Devant les journalistes réunis au Club de presse, Félix Tshisekedi a parlé d’une mort inopinée après une « simple intervention au pied. » Mais là, quelqu’un cherche noise. On reste toujours convaincu qu’en Afrique il n’est pas de mort sans un vivant à la base. Qu’il s’agisse d’une mort naturelle ou accidentelle. Quoi qu’il en soit, le résultat de l’autopsie de ce corps que la Belgique ne voudrait plus voir longtemps sur son territoire est connu : mort naturelle des suites du poids de l’âge ? Empoisonnement ou surdosage ? Sorcellerie ou fétichisme ? Loge ou compte à rendre ? Peut-on une fois ironiser, sans être spiritualiste ni légiste qualifié en médecine. Espérons que l’argent des richissimes n’a pas circulé pour faire porter un gros chapeau à un chien accusé de rage quelque part.

Dans un autre chapitre, Tshisekedi fils a également réitéré la volonté de sa famille et de l’UDPS de ne pas voir l’actuel Premier ministre Samy Badibanga organiser les obsèques d’Etienne Tshisekedi. Quand la mort et le pouvoir ont le pouvoir de séparer deux grands amis d’hier ! Mais en réalité, cette phrase en cache une autre.  C’est là que Felix et Jean-Marc tiennent plutôt un même langage. Pousser les évêques, mandatés par Kabila, à forcer la main à ce dernier pour que la Primature soit vite confiée à l’actuel secrétaire général adjoint en charge des questions diplomatiques et politiques de l’UDPS. Même si la thèse passait, comment cela peut-il se faire si d’une part les princes de l’église, depuis Genève en Suisse, avaient déclaré suspendre tous les travaux jusqu’après enterrement ? Qui va donner le quitus au Premier ministre et à son Gouvernement, suivant la Constitution que personne ne doit violer, tant que le Parlement est en vacances ?

Il y a visiblement anguille sous roche au risque de voir le corps de l’illustre disparu trainer dans les tiroirs belges, à défaut de lui faire subir le sort de celui du feu le Maréchal au Maroc. Franchement, la question en est du fil à retordre au profit de l’on sait qui.

Pour sa part, avec beaucoup de philosophie, Gérard Mulumba Kalemba Muntuwa Nzambi, évêque de Mweka et frère du défunt Tshisekedi, a déclaré que les obsèques seront consécutives à la mise en œuvre de l’accord de la du 31 décembre 2016. Là aussi, il faut lire entre les lignes ce clergé, de droit membre de la CENCO.

Ce qui fait jaser

Exprès, que la famille et le parti, voire le Rassemblement ne réalisent toujours pas la mort d’Etienne Tshisekedi, une mort dit-on naturelle, il y a à s’inquiéter. En outre, terminer une conférence où d’importantes décisions étaient attendues sans rien dire sur le jour du rapatriement, ni le lieu de l’enterrement, c’est laisser le monde sur un gout d’inachevé, suspendu à un débat autour d’un défunt pour lequel l’orateur ne trouve plus personne de sa carrure au Rassemblement, a-t-il affirmé, comme pour annoncer en sourdine la mort de cette plateforme d’à peine 8 mois.

Tout ceci se déroule sur une terre étrangère, à la face du monde, au grand dam des uns et des autres qui prennent le pauvre corps en otage, sans nullement se préoccuper de la nation, et encore moins de la veuve octogénaire, Marthe Kasalu. Et même Tshisekedi wa Mulumba s’en étonnerait !

Quoi qu’il en soit, ce deuil s’annonce déjà comme une chaude partie. Déjà des actes de barbarie sont signalés sur les lieux où se tiennent les veillées mortuaires. Qu’en sera-t-il d’ici là, si jamais le corps arrivait au pays ?

L’Avenir

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