40 journalistes formés par l’Ucofem

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Education, genre et changement climatique au centre des échanges

L’Union congolaise des femmes des médias (UCOFEM) organise une série des formations depuis 2014 à l’intention des journalistes travaillant dans la dizaine des médias COE de la RDC. Le panel a porté sur différents points tirés du protocole de la SADC : le genre et le développement, la santé de la reproduction, les droits constitutionnels légaux, la gouvernance, la paix, la sécurité, les ressources économiques et l’emploi.

Quarante journalistes d’une dizaine de médias COE ont pris part à la formation organisée par l’Ucofem, du 14 au 15 janvier courant. C’était dans la salle de conférences de la paroisse Notre Dame de Fatima, en partenariat avec Gender Links. Le thème de la formation a été axé sur les questions éducatives, genre et changement climatique.

La première journée a été consacrée aux échanges après la transmission des matières par des experts. La deuxième journée réservée à la pratique.

L’objectif global de cette formation était d’améliorer les connaissances des journalistes sur la dimension genre dans les contenus médiatiques.

Quant aux objectifs spécifiques, présenter aux participants des questions éducatives et environnementales qui influent sur l’égalité des sexes et les droits des femmes en Afrique australe ; réfléchir sur comment les médias peuvent couvrir des questions éducatives et environnementales, selon les perspectives du genre ; proposer et développer des reportages sur l’éducation et le changement climatique.

De la formation

Mme Annie Matundu Mbambi de l’ONG Wilpf a été la première intervenante. Dans son exposé, elle a déclaré que le changement climatique nous affecte tous mais pas de manière égale. C’est le réchauffement de la planète qui amène le changement climatique. Les femmes sont les plus touchées. Elles sont exclues de l’accès aux services de formation agricole et manquent d’information à ce sujet. « C’est ce que nous avons pu constater lors de notre descente sur terrain », a-t-elle indiqué. Et de poursuivre : nous devons agir par rapport au changement climatique. Car des preuves démontrent que sans une action majeure visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre, il y a plus de 75% de chance que les températures du globe augmentent de 2 à 3 degrés Celsius, durant les prochaines années. En somme, a-t-elle démontré, le changement climatique peut créer un cercle vicieux de pauvreté, surtout avec des inondations causées par des pluies diluviennes de novembre dernier. En ces circonstances, les productions maraichères ont baigné dans l’eau, occasionnant des pertes énormes d’argent. Et puisque les femmes maraichères n’ont pas été formées, elles éprouvent des difficultés pour adapter leur calendrier de productions au changement climatique.

En insistant sur le genre et le changement climatique, Mme Matundu a indiqué que les questions du genre sont liées au développement. « L’on oublie d’intégrer les femmes là où elles valent. Le changement climatique est réel. Si nous ne réagissons pas, nous allons tous nous éteindre », a-t-elle conclu.

Descente sur le site de Cecomaf

Une vue des journalistes sur le site maraîcher de Cecomaf à N’Djili (ph. tiers)

Pour concilier la théorie à la pratique, après la formation, les journalistes ont été répartis en groupes, pour la descente sur terrain. Un groupe s’est rendu à Kimwenza-mission et un autre au site maraicher de Cecomaf, au quartier 13 dans la commune de N’Djili. C’était pour réaliser des reportages sur les implications du changement climatique sur la vie des femmes.

  1. Sadi Kanda (voir photo au centre), est propriétaire d’une ferme agricole de 40 ares sur 40. Il a entretenu les membres du groupe sur l’impact du changement climatique sur l’agriculture. Il a indiqué que le changement climatique a des effets réels indésirables sur les plantes et les légumes cultivées. Autrefois, a-t-il relaté, nous avions des sources d’eau et des ruisseaux qui coulaient. Mais aujourd’hui, ces ressources hydriques ont séché. Faute de disposer de motopompe, nous sommes obligés d’aller chercher de l’eau à la rivière, pour arroser les plantes et les légumes. Les puits que l’on a ne servent pas à l’arrosage des légumes, c’est pour la porcherie. Le changement climatique est réel, a-t-il insisté, car les grandes pluies qui se sont abattues dans la ville, nous ont causé beaucoup de pertes. Dans la mesure où, des inondations ont endommagé une bonne partie de nos plantes, nous contraignant à tout reprendre à zéro.

Parlant de l’utilisation des engrais chimiques pour la croissance rapide des plantes, M. Sadi Kanda qui est un ancien commerçant, a dénoncé et déploré l’usage excessif des engrais chimiques. Les engrais verts c’est-à-dire, des tourteaux, des feuilles mortes, des excréments des ports conviennent pour une bonne croissance des plantes. C’est seulement lorsque l’on constate que ces légumes ne croisent pas bien que l’on peut utiliser des engrais chimiques. Et il faudrait accorder encore deux semaines, avant la récolte et dans le cas pareil, il est recommandé de beaucoup arroser, pour atténuer les effets indésirables de ces produits sur l’organisme humain. Nous éprouvons des difficultés pour adapter nos cultures à la saison. Car ces mêmes légumes qui s’adaptaient bien à la pluie, connaissent désormais des difficultés de croissance. Et cela, parce qu’il y a des eaux à l’excès.

Mme Makiese (voir photo ci-contre) travaille dans un champ hérité de ses grands-parents. Elle a bien voulu répondre aux préoccupations des journalistes sur le site Cecomaf. Elle est la seule femme dans ces champs entourés d’hommes.

Que savez-vous du changement climatique ?

– Mme Makiese : Les fortes pluies s’abattent au mois de novembre mais cette fois-ci, c’est un peu trop. L’oseille, les amarantes, les salades s’adaptent bien aux eaux de pluies. Cependant, la fin de l’année 2015 a été tragique pour nous, car tout a été endommagé. De fortes chaleurs avec des températures très élevées, ont eu un impact négatif sur la croissance de certaines plantes et légumineuses. Nous n’avons pas l’habitude de couper des arbres, connaissant l’importance que cela représente.

Pour Mme Miankwila Sabine, les inondations n’ont pas ménagé ses productions. Les plates-bandes étaient dans l’eau. Il ne lui restait qu’une seule, avec des amarantes. Ce qui lui a permis de remonter le jardin pour pouvoir acheter des semences et boutures. Aussi observe-t-elle que le changement climatique a des conséquences sociales et économiques sur le genre. « Ces inondations nous ont appauvries car ce champ que je loue est la seule source des revenus pour ma famille et moi.

Selon un expert en          agronomie, la sensibilisation des maraichères sur l’utilisation rationnelle des engrais chimiques et pesticides est un moyen efficace de lutter contre les maladies des plantes. Le calendrier agricole doit être adapté au changement climatique. Si non, la production est biaisée. C’est le rôle que doit jouer le Ministère et de l’agriculture et environnement auprès des maraichères, sachant que bon nombre d’entre eux n’ont pas été à l’école d’agronomie. D’autres n’ont pas de niveau d’instruction. Les femmes sont les plus touchées, elles n’ont pas accès aux services de formation agricole et manquent d’informations nécessaires.

(Rébecca Tuzizila Muzama)

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