4 et 18 mars 1990 – 4 et 18 mars 2017: 27 ans déjà, depuis la disparition des frères Soki

par -
0 460
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

27  années viennent de s’écouler depuis que le monde des arts congolais en particulier et les congolais en général ont enregistré d’une manière indéchiffrable la mort des frères Soki. Deux icônes de la chanson contemporaine : Emile Dianzenza, le cadet et Maxime Vangu, l’aîné. Ils sont tous les deux décédés à une semaine d’intervalle.

Plébiscite de l’artiste

D’abord le jeune Emile Soki Dianzenza. Né en 1954, à l’âge de 15 années, il est proclamé lauréat à l’issue d’un concours de chant organisé en 1969 par Gérard Madiata, un autre grand nom de la chanson congolaise à l’époque.  Cette manifestation s’est déroulée au Park De Boeck (actuel parc botanique de Kinshasa).

Aussitôt plébiscité, le jeune Emile Soki Dianzenza entame précocement la carrière musicale d’autant que de par sa belle voix, le public le qualifiait d’un vrai remplaçant de Tabu Ley.

Sans trop tardé, il bénéficiât  de l’encadrement des orchestres « Miredo » et « Bella Bella » des éditions “La musette”

De ses premiers enregistrements il ébranle le public avec des titres comme « Luta », « Baboti bapekisi », « Ngonga ebeti » qui sont fredonnés par tout le monde.

En moins d’une année le public se rend vite  compte qu’Emile Soki n’est pas seulement un bon chanteur mais c’est aussi grand auteur- compositeur. Il devient de ce fait la coqueluche de tous les jeunes de l’époque. On ne jure plus que par son nom. On le prend pour modèle. Son aîné Maxime Soki, né en 1947, étudiant à l’Université de Lubumbashi range ses syllabus et vient prendre le micro aux côtés de son jeune frères au sein de « Bella Bella ». Malheureusement comme deux crocos ne peuvent pas se pavaner librement dans un même marigot, un conflit oppose les deux se disputent le leadership. Le groupe se scinde en deux. Emile monte l’orchestre Super Bella Bella tandis que Maxime, lui, s’en va avec le nom de Bella Bella. Comme un enfant sur un croisement, Emile Soki choisira d’abord d’enregistrer la chanson “Elimo santo” de JB Mbayabu accompagné au chant par Willy Clem qui deviendra plus tard Tedia à l’authenticité prôné par la Maréchal Mobutu. Toutefois, il y a lieu de signaler que c’est sur les pointes de pieds Il quittera ce groupe par la pointe des pieds (…)

Première séparation

A la demande expresse de la famille, Emile Soki va incorporer le groupe de son frère aux éditions « Veve » et exige que l’orchestre soit appelé « Bella Bella des Frères Soki ».

Au sein de cette nouvelle formation musicale, on pouvait reconnaître des guitaristes de talent comme Ricos Kinzunga, Pierre Bissikita, Zeus Kayembe et autres Emany Shaba le bassiste.  Il y avait aussi un chanteur ténor de pointe qu’on ne pouvait passer sous silence. Il s’agit  de Danos Canta Nyboma Muan’Dido. Sa voix se mariait copieusement à celles des frères Soki que le public est empaqueté par des tubes comme « Mandendeli » ou « Lina » d’Emile Dianzenza.

Se considérant comme leader incontestable de l’orchestre, caprice de star oblige,  Emile Soki a commencé à faire tout ce qui lui venait en tête. Il sèche les répétitions avant de commencer à venir en retard aux concerts. Puis, un jour, vers la fin de l’année 1971, ce qui devait arriver arriva. Il y avait concert chez « Rolly bar », Maxime Soki qui, jusque-là, acceptait les caprices de son petit va priver à ce dernier le micro pour indiscipline devant un grand public médusé.

Pour lui faire encore du mal, sa chanson fétiche de l’époque “Baiser ya Litama” est interprétée par Maxime à la satisfaction générale. Se sentant lésé et humilié, Soki décidera alors le lendemain de claquer la porte de « Bella Bella » pour aller monter son propre groupe qu’il baptisera « Bella Mambo ». Il bénéficiera pour cela du concours de Dino Vangu, Vata Mombassa, Lambol Nkurayum, MP chéri, Benazo, Babalou, Makiona et autres Papy Tex Matolu. En peu de temps, l’orchestre devient une menace sérieuse pour le groupe resté chez Vévé car des chansons comme « Tongo etani », « Chérie Nyota » ou « Mutambula mpimpa » sont sur toutes les lèvres. Le succès est donc au rendez-vous et le prince Soki Dianzenza tient tête à son frère aîné qui, pour combler le vide laissé, le remplace par Pépé Kallé.

Curieusement, alors qu’Emile se prépare de plus belle, on apprend qu’un différend oppose Soki Vangu à son éditeur Verckys. Ce dernier va d’ailleurs le virer de l’orchestre. Heureusement pour lui  comme dans son habitude,  Maxime emmène dans ses valises le nom de Bella Bella.

Emile Soki toujours inconsolable

De nouveau un conseil de famille se tient pour venir à la rescousse du Maxime Soki Vangu. Le Prince Soki Dianzenza sera alors contraint d’abandonner son « Bella Mambo » chéri pour faire, de nouveau équipe avec son frère Soki Vangu.

Les musiciens de Bella Mambo vont de leur côté s’allier à Pépé Ndombe Opetum pour donner naissance à l’orchestre Makina Loka. De leur côté les frères Soki vont faire appel au savoir-faire du soliste Dizzy Mandjeku, aidé en cela par le bassiste Emmany Shaba et l’accompagnateur Lafir Pongi Mananga, sans oublier Mick Wutukayani à la batterie.

Les premières chansons de l’orchestre enregistrées chez Johnny Bokelo Isenge à Lemba comme « Nzambe mokonzi », « Musoso », »Silako », « Longola ngai soni »…font tabac et font vaciller l’orchestre « Lipua-Lipua » de l’écurie Vévé. Dans la foulée l’orchestre complète son recrutement par l’engagement du soliste Julien Mboma, du chanteur Willy Tedia et des saxophonistes Muteba Celio et Massa Visi sans oublier Lipili à la tumba.

« Bella Bella » meilleur orchestre de l’année 1974

Fin auteur-compositeur, Emile Soki prend les choses en mains et lance sur marché des chansons à succès comme « Tikela ngai mobali », « Nganga », « Menga », « Kamavasthy »… Cette formation musicale domine à nouveau tous les orchestres du style ou de l’école « Bella Bella » qui est même sacré meilleur orchestre de l’année 1974 par des journalistes chroniqueurs de musique regroupés au sein de l’Association de chroniqueurs de Musique du Zaïre, ACMZa.

Alors que la multitude des chansons à succès portent la signature de Soki Dianzenza, c’est Soki Vangu qui, en fin de compte, en tire les bénéfices.

En 1975, une fois de plus Emile Soki décide alors qu’il y ait séparation des pouvoirs: les éditions “Allez y frères Soki” pour lui et les éditions “Bella Bella” pour son aîné mais la transparence n’est toujours pas au rendez-vous.  Pour réparer ses torts, Maxime Soki Vangu a acheté une belle voiture Renault de couleur jaune pour son frère qui, on devrait s’y attendre, a décliné l’offre, la jugeant insuffisante et décide de suspendre ses productions avec l’orchestre. On vendra alors cette voiture et on lui remettra la contrevaleur en Zaïres-monnaie  mais il exigea plus. C’est ainsi qu’avec les réservistes de l’orchestre que sont Yenga Yenga  Junior,  Maze, Sebos et les autres, Emile  improvise un voyage au Bandundu. L’histoire renseigne que c’est  au cours de cette tournée qu’il a rencontré le chanteur Kanda Bongo Man…

Dianzenza versé dans la drogue

De retour à Kinshasa, Emile Soki Dianzenza ne pouvait pas voir le danger qui l’épiait. Il  s’est fait entourer par des personnes sans scrupules, des grands fumeurs de chanvre comme Milano Nzoyi et les autres cracks de la drogue. Il va donc sombrer dans la panacée. Devenu aphasique, il avait commencé à perdre son conscient intellectuel et n’était plus solide mentalement. Le jeune Dianzenza, la belle voix de la chanson congolaise a commencé à errer çà et là à travers la ville de Kinshasa. Ses nombreux fans sentent que le chanteur a perdu la raison mais personne ne songe à le secourir. A un certain moment, Tabu Ley a tenté de le rattraper mais le patron de l’Afrisa International s’est vite buter au refus catégorique de la famille Soki. Puis, plus tard surviendra l’irrécupérable. Et le monde aura ainsi perdu cette belle voix qui n’avait survécu qu’une trentaine d’années sur cette abjecte terre des hommes.

Deux décès insondables

Les deux frères sont décédés : le vendredi  4 mars 1990 à l’âge de 36 ans, pour Emile Soki Dianzenza et le vendredi  18 mars 1990 à l’âge 43 ans, pour Maxime Soki Vangu. Ils sont morts à l’intervalle de 14 jours.

Paix à leurs âmes.

(Kingunza Kikim Afri)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse