3ème mandat de Kabila ! Clc : des prétendus catholiques qui mentent…

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Les actions de mobilisation prévues les 12, 13 et 14 n’étaient pas liées uniquement à la candidature du Chef de l’Etat. Elles concernent aussi les quatre autres revendications énoncées au point 5 de la déclaration du 7 juillet 2018… Monté de toutes pièces début décembre 2017 sous prétexte d’empêcher Joseph Kabila de briguer un nouveau mandat pendant que le Chef de l’Etat lui-même n’a eu de cesse depuis 2012 de renouveler son engagement à respecter la Constitution en cette matière, le Clc joue des prolongations pour sa survie !

Ils ont choisi la date du 14 août 2018 pour refaire leur numéro habituel, car sachant qu’à Luanda se tenait le même jour un sommet qui devrait se pencher notamment sur le cas Moïse Katumbi et à Windhoek le 17 août prochain un sommet de la Sadc duquel ils attendent la même chose. Ils se sont alors adressés, à partir de la paroisse Saint Joseph de Matonge, au même auditoire qu’ils tiennent en estime depuis leur apparition le 2 décembre 2017. Ils se sont cependant organisés pour ne pas rappeler le contenu intégral de leur Appel du 7 juillet 2018 intitulé «Le peuple congolais revendique haut et fort son droit à des élections crédibles». C’est dans cette déclaration qu’ils se sont pourtant engagés à lancer «un appel à la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation, pour ses premières grandes actions qui se tiendront le 12, le 13 et le 14 août 2018, sur toute l’étendue de la République, afin de sauver la démocratie en péril». Revisitons-la…

A son point 5, il est clairement souligné que «Le CLC considère qu’il est encore temps de sauver ce qui peut l’être encore de ce processus par le non dépôt de la candidature du Président Joseph Kabila pour un nouveau mandat ; le retrait total et immédiat de la machine à voter, la mise en œuvre des recommandations de l’OIF relatives au fichier électoral ; l’implication par la CENI d’experts internationaux dans l’accompagnement technique du processus électoral ; la fin de l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire, de la police et des services de sécurité et l’application stricte des mesures de décrispation politique préconisée par l’Accord de la Saint Sylvestre».

Francophones, les membres du Clc savent qu’il s’agit de revendications groupées et non sélectives. Or, là ils isolent la première du reste. Au point 6, considérant que «L’heure étant grave, la paix et la stabilité du pays ainsi que de la sous-région étant menacée», ils prévoient pour le 9 août 2018 le lancement du fameux appel. Et voilà qu’arrivés à cette échéance, ils se livrent plutôt à la diversion, conscients de l’échec patent de leurs «Trois Glorieuses» faites «de marches pacifiques, de sit-in, de villes mortes, de grèves généralisées et actions de désobéissance civile, en vue d’obtenir la démission du président Kabila et de son gouvernement, devenus de véritables obstacles des élections crédibles, transparentes et apaisées».

Prenant les Congolais pour moins que rien, ils ne s’embarrassent pas de scrupules en organisant une messe «d’actions de grâce» au motif d’une «première victoire du peuple», à savoir la non-candidature du 3ème mandat de Joseph Kabila.

Pourtant, dans le communiqué du 7 juillet 2018, ils se sont faits affirmatifs. Au point 3, ils ont écrit précisément : «Puisque le Président Kabila, au pouvoir depuis 2001, élu en 2006, réélu en 2011, en fin de mandat depuis 2016, semble se préparer activement à poser sa candidature pour un troisième ou un quatrième mandat en 2018 compte tenu de son silence sur les déclarations et les affiches de ses partisans, le CLC prévient l’opinion que, si cet acte est posé de manière effective, le président Kabila aura violé et trahi publiquement son serment constitutionnel. En conséquence, à dater de ce jour de dépôt de sa candidature, le CLC se verra automatiquement dans l’obligation : – d’inviter le peuple congolais à ne plus le reconnaître comme Chef de l’Etat légitime et à la communauté internationale de ne plus le considérer comme le représentant légal et légitime de ses intérêts».

En toute logique, la première déclaration à émaner du Clc à dater du 8 août 2018 ne devait pas se limiter à des félicitations ou des remerciements. Elle devait consister à inviter le peuple congolais à reconnaître en Joseph Kabila le Chef de l’Etat légitime et la communauté internationale à le considérer comme le représentant légal et légitime des intérêts de son peuple pour autant que le Clc s’attribue la compétence de légaliser ou de légitimer ou non les animateurs des Institutions de la République !

Créé pour le troisième mandat !

Or, à quoi assiste-t-on effectivement depuis le 8 août 2018 ? N’ayons pas peur du mot : à une fuite en avant lamentable confirmée, du reste, par la suspension des actions annoncées pour les 12, 13 et 14 août pendant qu’il est de notoriété publique : que la machine à voter n’a pas été retirée ; au contraire, un arrivage de 35.000 imprimantes est annoncé ; que le fichier électoral est en toilettage ; que l’expertise internationale dans l’accompagnement technique est sujette à caution ; que le discours de l’Opposition radicale sur l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire, de la police et des services de sécurité continue d’être tenu et que la tripartite Gouvernement-Ceni-Cnsa n’en a pas encore fini avec la décrispation politique.

Bref, les motifs pour lesquels sont prévues ces actions subsistent encore. On peut, à ce stade, soutenir que ces revendications sont simplement périphériques.

Normal : le Clc a été créé juste pour combattre du vent : le troisième mandat ! C’est la vérité et la réalité même dans la mesure où dans sa première communication politique, lors de sa sortie le samedi 2 décembre 2017, la revendication n°1 était d’exiger  «une déclaration publique du Président de la République qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession». Cette revendication a justifié les manifestations du 31 décembre 2017 ainsi que du 21 janvier et du 25 février 2018. Et jusque-là, le Clc ne l’a pas obtenue puisque relevant du non-sens.

Preuve d’une tentative de rattrapage !

S’agissant de la machine à voter, il est tout de même surprenant de la part du Clc – une organisation d’obédience catholique dans un Etat pourtant laïc – de se substituer au peuple congolais sans d’ailleurs l’avoir consulté. A la limite, on lui concéderait le droit de répondre des Congolais catholiques, encore que ces derniers ne se reconnaissent pas tous dans la Cenco-politique ni dans le Clc-opposition.

Pour autant qu’il soit honnête avec lui-même, le Comité laïc de coordination a un devoir de rectitude à l’égard du peuple congolais. Notamment en évoquant l’initiative de l’Udps avec ses 45 questions posées à la Ceni le 1er avril 2018, questions auxquelles le destinataire a répondu depuis le 22 juillet passé. On aurait bien souhaité voir les intellectuels du Clc approcher l’Udps pour en savoir davantage.

Autre initiative à prendre pour souligner la rectitude : approcher l’Asbl «Commission Justice et Paix de la Cenco». Lors du séminaire d’appropriation du programme clérical baptisé «Année électorale, que devons-nous faire ?», Evêques et membres de cette Asbl – dont les 26 coordonnateurs provinciaux représentant les 26 provinces – ont entendu le 19 avril 2018 Corneille Nangaa aborder les «Questions technico-opérationnelles du processus électoral». Un test grandeur nature a été organisé à cette occasion. Les membres du Clc se devaient de se renseigner à ce sujet.

D’ailleurs, s’ils en avaient le courage, ils auraient réclamé de la Céni un débat de clarification à ce sujet. Ne pas se prêter à cet exercice élémentaire remet en cause leur intellectualité. Aussi, est-il anormal et amoral de voir des personnalités publiques voulant incarner l’élite congolaise et en plus bénéficiaires du « soutien » de l’élite internationale, en venir à faire avaler de façon aussi éhontée des couleuvres à l’opinion qu’ils savent avisée. On imagine seulement la tête qu’aurait faite le professeur d’histoire Isidore Ndaywel, universitaire de surcroît, si à Saint Joseph un esprit éveillé lui avait brandi le 14 août dernier la déclaration du Clc du 7 juillet 2018.

L’entendre déclarer en pleine paroisse, à propos des victimes de la manipulation, que «Le CLC a pris l’engagement de vraiment s’occuper des familles lorsque nous serons un peu plus libres» et ajouter «Le fichier, ça ne va pas. La machine à voter, on ne devrait même plus en parler dans la mesure où l’électorat n’en veut pas. Et troisièmement, c’est grave : il y a des candidats qui sont empêchés de candidater», tout cela pour apprendre la suspension des actions annoncées avec pompe du 12 au 14 août 2018, c’est bien le comble du mépris.

Au fait, pendant qu’on y est, posons-nous cette question à la fois ordinaire et élémentaire : à quelle date le Clc devait faire sa communication ? Est-ce avant ou à l’expiration du délai du 14 août ? En le faisant à l’expiration, les membres du Clc se sont livrés à tentative de rattrapage. Tentative ratée, bien entendu !

(Omer Nsongo die Lema/Cp)

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