30ème sommet des chefs d’Etats et des Gouvernements de l’UA Alpha Condé : « 20.000 casques bleus en Rdc, mais cela ne donne pas de résultats »

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Au 30ème Sommet des chefs d’Etat et des Gouvernements de l’Union africaine (UA) qui s’est clôturé hier à Addis-Abeba (Ethiopie), et qui avait comme thème principal : « Combattre l’impact profond et dévastateur de la corruption, de l’évasion fiscale et des flux financiers illicites », la République démocratique du Congo était représentée par son Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et Intégration régionale. Le président sortant de l’Union africaine, Alpha Condé, qui a passé le bâton de commandement à Paul Kagame du Rwanda, a qualifié d’improductive la présence des casques bleus en Afrique, surtout en Rdc, car aucun résultat satisfaisant n’a été enregistré une vingtaine d’année après. Il a proposé la création d’une force africaine, afin de lutter contre le terrorisme et mettre fin à la guerre en Afrique. Position défendue également par Joseph Kabila, dans sa conférence de presse du vendredi dernier, qui a tranché qu’il n’y a pas de cogestion de la Rdc avec la Monusco, avant d’exiger un examen minutieux de l’accord de siège.

Du 28 au 29 janvier 2018,  Addis-Abeba (Ethiopie) a abrité le 30ème Sommet des chefs d’Etats et des Gouvernements de l’Union africaine (UA). La RDC était représentée par le Vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères et Intégration régionale, Léonard She Okitundu. Dans sa délégation, la ministre du Genre, Enfant et Famille, Chantal Safou Lopusa et celle des Droits Humains, Marie-Ange Mushobekwa. Le président guinéen Alpha Condé qui a dirigé la cérémonie d’ouverture dimanche 28 janvier, a aussi passé le bâton de commandement à son homologue rwandais, Paul Kagame. Ce, après avoir passé  douze (12) mois à la tête de l’Union africaine. Le thème principal retenu pour ce 30ème sommet est celui de la lutte contre la corruption et des dossiers politiques. Les dirigeants africains se sont aussi penchés sur le projet de réforme de l’organisation panafricaine.

La cérémonie d’ouverture du sommet a d’abord été retardée par un débat à huis clos de plusieurs heures sur la réforme de l’Union africaine. Comment financer l’organisation afin qu’elle ne dépende plus de ses partenaires extérieurs comme l’Europe, l’Amérique ou encore le Japon ?

Ainsi, le président Alpha Condé, dans son discours, a aussi proposé la création du G5, afin de permettre aux africains de résoudre eux-mêmes leurs problèmes. « La création du G5 montre la volonté pour l’Afrique de prendre son destin en mains, et lutter contre les crises. Nous avons vu que même si nous soutenons les casques bleus, ces derniers n’ont pas eu un rôle très efficient », a déploré le président guinéen.

Quant à la présence des casques bleus en Afrique, principalement en République Démocratique du Congo,  le président sortant de l’UA l’a jugé improductive. Dans la mesure où, aucun résultat satisfaisant n’a été enregistré depuis sa venue sur le sol congolais. Il a proposé la création d’une force africaine, afin de lutter contre le terrorisme et mettre fin à la guerre en Afrique.

« Nous avons plus de 20.000 casques bleus au Congo Kinshasa depuis des années, ça ne donne pas de résultats. En effet, pourquoi voulez-vous que les Bangladais et des indonésiens viennent mourir en Afrique ? Ce n’est pas leur continent ! Pour mourir en Afrique, il faut être patriote et aimer son pays. Donc, seuls les Africains peuvent se battre et défendre leur pays. C’est pourquoi, l’exemple du G5 doit être encouragé et multiplié, afin que nous prenions notre destin en mains. Il y a des Etats africains tels que l’Algérie, le Maroc, l’Egypte, l’Afrique du Sud qui ont des moyens logistiques. Si nous devons nous battre, nos troupes ne doivent pas attendre l’intervention extérieure. Ces pays peuvent déjà dans un premier temps, assurer la logistique des transports, à l’exemple du Maroc qui a évacué nos frères en Libye qui subissaient l’esclavage. Il est important que nous collaborions et que nous unissions nos forces, afin que nous prenions en mains la lutte contre le terrorisme et la fin de la guerre dans notre continent », a renchéri Alpha Condé.

She Okitundu salue l’engagement de l’UA à soutenir le processus électoral en RDC

Le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et Intégration régionale, Léonard She Okitundu, chef de la délégation congolaise à Addis-Abeba a noté l’engagement de l’Union africaine de soutenir le processus électoral en République Démocratique du Congo. Pour le VPM She, la Commission de l’UA veut résoudre la question liée à la logistique et déployer les moyens et l’équipement sur l’ensemble du pays. Par ailleurs, She Okitundu a salué les missions opérées par les différents commissaires de l’UA en RDC, afin de s’enquérir du déroulement du processus électoral, et dont les rapports ont été positifs. Moussa Faki Mahamat a fait savoir qu’il faut une réappropriation de ce processus électoral par le continent africain et non pas trop dépendre des appuis extracontinentaux. C’est pour cette raison qu’il a décidé au niveau de la commission, de sensibiliser plusieurs pays africains qui peuvent apporter cet appui logistique au processus électoral en RDC.

« Pour soutenir le processus électoral en RDC, le commissaire de l’Union africaine est venu à Kinshasa rencontrer toutes les parties prenantes. Les autorités, la société civile, la Majorité et l’Opposition politique. Et il a fait un rapport ici à la commission et c’était un rapport positif. Il prouve effectivement l’engagement de la Commission à soutenir le processus électoral dans notre pays. Ensuite, il a dépêché dans notre pays le commissaire chargé de la paix et la sécurité mais aussi son conseiller stratégique. Les deux personnalités ont fait des rapports positifs.  Le commissaire Cherby du Conseil de paix et sécurité, a insisté sur le besoin logistique de la RDC pour le processus électoral. Vous savez que nous sommes un pays continent, et la question logistique est un grand défi pour déployer les moyens et l’équipement sur l’ensemble du pays. Il faut disposer des hélicoptères, des véhicules, et pour cette raison, le commissaire a insisté qu’il faille une réappropriation de ce processus électoral par le continent africain, et non pas trop dépendre des appuis extracontinentaux. C’est pour cette raison qu’il a décidé au niveau de la commission, de sensibiliser plusieurs pays africains qui peuvent apporter cet appui logistique au processus électoral », a dit She Okitundu.

Moussa Faki note l’urgence d’appliquer l’Accord de la Saint Sylvestre

Dans son de son discours à l’ouverture du sommet, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a estimé que « le moment est venu » d’imposer des sanctions contre ceux qui entravent les efforts de paix, sans pour autant donner d’exemples de possibles sanctions. Pour le cas RDC, le diplomate tchadien a noté l’urgence d’appliquer l’Accord de la Saint Sylvestre et a condamné toutes les tensions et violences enregistrées ces derniers jours.

«En République Démocratique du Congo, les tensions et violences de ces derniers jours ont, une fois encore, illustré l’urgence de la mise en œuvre de bonne foi de l’Accord de la Saint-Sylvestre, en vue de la tenue des élections en décembre 2018…L’Afrique doit prendre toute sa place dans la recherche d’une solution, de concert avec les Nations Unies et les autres partenaires concernés », a-t-il déclaré.

La lourde tâche de Paul Kagame

Le nouveau président de l’Union Africaine, le rwandais Paul Kagame n’a pas une tâche facile. Il doit conduire une réforme de l’Institution.

Il souhaite que les 55 Etats africains appliquent une taxe de 0,2 % sur tous les produits éligibles qu’ils importent. Cependant, plusieurs pays dont l’économie est très tournée vers l’extérieur, sont hésitants. C’est le cas de l’Egypte et du Nigeria. Pour ces pays, des mesures spécifiques sont envisagées.

« Notre cohésion procède de la franchise de nos discussions », a dit le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat.

La plus grande annonce de ce 30ème sommet qui se clôture, est le lancement du Marché unique africain du Transport aérien (SAATM). Ce projet  vise à unifier le transport aérien en Afrique et à libéraliser l’aviation civile sur le continent.

Le diplomate tchadien a annoncé, par ailleurs, qu’un sommet extraordinaire se tiendrait en mars prochain au Rwanda, avant celui qui est fixé dans six mois à Nouakchott en Mauritanie. Reste à savoir si ce sera un sommet réunissant les cinquante-cinq Etats ou simplement les cinq Etats représentant chacune des cinq sous-régions du continent.

(Bernetel Makambo)

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