30 novembre 2013 – 30 novembre 2016: Tabu Ley 3 années dans l’au-delà

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3 années viennent de passer, depuis que la légende de la musique congolaise, Seigneur Tabu Ley a quitté le monde des vivants. 3 années, c’est déjà beaucoup par rapport au travail qu’il s’était décidé dans un projet éloquent à réaliser pour la culture congolaise. Il s’est éteint au moment des préparatifs de festivités de fin d’année 2013 plongeant ainsi dans l’émoi de nombreux fans qu’il comptait à travers le monde.

Sa naissance

Né en République Démocratique du Congo le 13 novembre 1930 à Bagata dans la province du Bandundu (actuelle province du Kwilu) Pascal Emmanuel Tabu devenu Seigneur Ley est décédé 17 jours après qu’il ait totalisé 73 années de vie sur terre. Il est mort à l’hôpital Saint-Luc de Bruxelles en Belgique, victime d’un Accident Vasculaire Cardiaque.

Son parcours artistique

Après ses brillantes études commerciales à l’Ecole moyenne Saint Raphaël de la Kethule, ECOMORAPH, (actuel Collège St Raphaël), le brillant élève a été retenu et orienté par le missionnaires catholiques à l’Athénée Royale (actuellement Institut de la Gombe) en qualité de Secrétaire administratif. On retiendra en passant qu’à l’école, lors d’une interrogation, il était le seul élève à avoir trouvé le nom de l’officier de Napoléon qui s’appelait Denfert-Rochereau. Depuis ce jour-là, ses condisciples, jaloux qu’il n’ait pas été puni comme eux l’ont surnommé Rochereau simplement pour se moquer de lui. Sous cette appellation indécente, l’élève assidu est devenu un pionnier et aussi l’une des stars de la musique moderne congolo-zaïroise faisant école avec Franco Luambo Makiadi qui est lui aussi malheureusement décédé Mont-Godinne (Namur) en Belgique le 12 octobre 1989. A l’exemple de nombre d’enfants de sa génération, Pascal Emmanuel Tabu Ley s’effraie la voie dans des chorales des églises et des écoles.  C’est de là que, poussé par la propension musicale qui circulait dans ses veines, Tabu Ley s’est décidé d’embrasser la carrière musicale active. Son tremplin c’est en 1956 qu’il prend part à une séance d’enregistrement avec l’orchestre African Jazz de Joseph Kabasele dit Grand Kalé. Au lieu de servir d’une simple vache-laitière à Grand Kalé auprès de qui il a cédé plusieurs de ses œuvres, le guitariste Nicolas Kasanda wa Mikalayi dit Docteur Nico, la voix la plus écoutée de Grand Kalé, a pesé son poids afin de convaincre ce dernier à engager le jeune Pascal Emmanuel Tabu Ley comme musicien actif de l’African Jazz.

Adieu alors la carrière de fonctionnaire et vive la profession musicale. Sans disfonctionnement, le Grand Kalé l’engage dans l’orchestre African Jazz. Tabu Ley qui se révèle un auteur-compositeur infatigable écrit ses nombreuses chansons dont le tube « Keliya ». Un succès planétaire.

En 1963, suite à une incompréhension, Tabu Ley et Dr Nico Kasanda quitte le groupe African Jazz pour aller mettre sur pieds l’orchestre African Fiesta. Là aussi suite à un complexe de leadership, cette formation musicale n’aura pas vraiment longue vie et sera scindée en deux : African Fiesta Sukisa pour Dr Nico tandis que Rochereau prendra l’aile African Fiesta 66 ou Africa Fiesta Flash avant d’être rebaptisé African Fiesta National.

Après avoir participé en 1967 avec succès à l’Exposition Universelle de Montréal, Tabu Ley monte en 1969, un groupe de danseuses baptisé « Les Rocherettes » dont l’une s’en ira évoluer chez Claude François et deviendra de fait « Claudette »

Hauts-faits

Parmi les hauts-faits qui ont marqué sa carrière musicale, Tabu Ley qui revendiquait la paternité de plus de 3.000 titres en plus de plus de 40 ans de carrière musicale, peut se vanter d’avoir été le premier artiste africain, en 1970, à s’être produit cher Bruno Coquatrix à l’Olympia de Paris. Et, il ne cessait de paraphraser à chaque fois que nous le rencontrions pour une interview « d’être fier d’avoir une progéniture de plus de 125 enfants »

L’exil

Quant l’année suivante, le Président Mobutu rebaptise le pays Zaïre et exige que chacun prenne un nom « authentiquement zaïrois », Rochereau se fait appelé Tabu Ley. Il change aussi à cette époque le nom de son orchestre qui devient depuis lors Afrisa international.

En 1977, Tabu Ley dirige l’Orchestre National du Zaïre, ONAZA, l’un de deux ensembles dont l’un était dirigé par Franco Luambo Makiadi qui représente le pays au FESTAC à Lagos.

Survint à ce moment une brouille pour Tabu Ley juste au moment où il était boss d’une célèbre boîte de nuit de l’époque à Kinshasa connue sous l’identité de « Type K ».

Trabu Rochereau n’émettant pas sur les mêmes longueurs que Mobutu, s’exile aux Etats-Unis puis en Belgique. En réponse à une interview sur RFI en 2003 à l’occasion de la sortie de son disque « Tempelo » il dit notamment: « J’ai toujours été en contradiction avec lui. Moi, j’étais républicain, eux, conservateurs. On ne s’entendait vraiment pas. J’étais d’inspiration lumumbiste. Du côté alors de ceux qu’on prenait -à tort- pour des communistes. J’étais en revanche défenseur des valeurs républicaines et démocratique. Mes façons de voir les chansons que je faisais défendaient ces aspirations quelque peu contraires à celles de Mobutu. Donc, de temps en temps on m’arrêtait. J’ai connu la prison politique deux fois ».

En 1993, sa chanson « Le glas a sonné » est censurée. « Les paroles véhiculaient des valeurs anti-Mobutu et elles ont fait des émules. Quelques années plus-tard, Mobutu tombait. Le sens de ce titre était il est temps de ne plus avoir peur des dictateurs, de dire tout haut ce que l’on pense tout bas. Il est temps que la dictature s’en aille et pour cela de faire appel aux esprits de Lumumba et de tous les anciens politiciens progressistes.

A la chute du régime en 1997, Tabu Ley rentre en République Démocratique du Congo et s’investit dans la vie dans la vie politique tout en gardant un pied dans le monde artistique.

Cofondateur du « Rassemblement Congolais pour la Démocratique », RCD, il sera ministre, député et en 2005, vice-gouverneur de la ville province de Kinshasa.

En juillet 2008, peu de temps après avoir représenté la RDC au Festival mondial de musique de Varadero à Cuba, il est victime d’un Accident vasculaire cérébral. Une rumeur annonçant sa mort dans une clinique bruxelloise où il est en soins circule alors, suscitant une vive émotion sur le continent et parmi la diaspora congolaise. La fausse nouvelle est vite démentie par ses proches avec à l’appui des images montrant l’artiste dans son lit de malade.

Mais, le samedi 30 novembre 2013 dans la matinée la nouvelle de la vraie mort de Tabu Ley, le chanteur extraordinaire en Afrique, est tombée.

Enterré le 9 décembre 2013 à la Nécropole « Entre Terre et Ciel » à Mbenzale dans la commune de la N’Sele, le Seigneur Rochereau Tabu Ley vient de totaliser 3années.

Que l’Eternel lui accorde une paix durable dans son Royaume.

 

(Kingunza Kikim Afri)

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