24ème édition de la journée mondiale de l’eau: La CICOS sensibilise les étudiants sur le non-respect des écosystèmes et les pollutions

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Comme le 22 mars de chaque année, l’humanité a célébré hier mercredi, la Journée mondiale de l’eau. A cette occasion, le Secrétariat général de la Commission internationale du Bassin Congo-Oubangui-sangha (CICOS) a voulu marquer en lettres d’or cette 24ème édition. Notamment, par l’organisation d’une grande conférence-débat à l’intention des étudiants de l’Institut supérieur pédagogique de la Gombe (ISP).

« Eaux usées : une ressource inexploitée », tel est le thème exploité au cours de ces assises réussies grâce notamment à l’appui des partenaires traditionnels de la CICOS que sont: l’Union européenne, l’Agence française de développement (AFD) et la Coopération allemande (GIZ). Et ce, lorsqu’on sait que les eaux altérées par les activités humaines ont un impact négatif sur le Fleuve Congo. Ce qui justifie le choix de ce thème. Dans son mot de circonstance, la Secrétaire générale de la CICOS, Mme Judith Efundem Agbor, a rappelé à l’assistance que l’eau c’est la vie, soulignant ainsi que la gestion intégrée des ressources en eau est l’une des missions premières de cette commission.

Mme Agbor déplore toutefois la dégradation des ressources en eau, tant en quantité qu’en qualité, au niveau du bassin du Congo. Laquelle dégradation, a-t-elle indiqué, est due à la conjugaison de plusieurs facteurs tels que le défaut d’assainissement des eaux usées, l’excès des fertilisants et pesticides dans l’agriculture, la mauvaise gestion des déchets… Et comme conséquences, elle cite entre autres le non accès des populations à l’eau potable, la mort causée par des maladies hydriques, l’alimentation de mauvaise qualité, etc.

Aggée Matembo évoque les avantages de la gestion des eaux usées

Signalons que cette conférence-débat de la CICOS a été officiellement ouverte par le vice-ministre de l’Environnement, Conservation de la nature et Développement durable. M. Aggée Matembo a dans son discours solennel signifié que le thème choisi est évocateur et doit interpeller tout le monde « dans la mesure où près de 90% des rejets domestiques et industriels à travers le monde sont déversés sans aucune épuration préalable, dans les milieux naturels. Modifiant ainsi les conditions de vie des hommes, des animaux et des végétaux qui les peuplent ».

Il a renchéri que la gestion des eaux usées est non seulement essentielle pour atteindre l’Objectif de développement durable sur l’eau potable et l’assainissement (ODD6), mais aussi génère des avantages sociaux, environnementaux et économiques pour le développement durable. « Au cours du 20ème siècle, l’humanité a multiplié par 7 les quantités d’eau qu’elle a prélevées, et par près de 6, celles qu’elle a consommées de façon nette, sans retour au milieu naturel. A ce rythme imposé par la croissance démographique, l’industrialisation, l’urbanisation et l’extension de l’agriculture, la férocité de la concurrence entre les divers usages des ressources en eau conjuguée aux effets du changement climatique constituent des menaces sérieuses sur la sécurité alimentaire de l’humanité », a-t-il déclaré.

Pour le vice-ministre d’Environnement, l’eau doit être considérée comme un bien rare et non corvéable. Car, de plus en plus les indicateurs se font alarmistes : la croissance démographique, la course à l’industrialisation souvent menée dans le non-respect des écosystèmes, la multiplication des pollutions.

Après la cérémonie d’ouverture, les participants étaient conviés à suivre deux séquences de différents exposés suivis des échanges. Le premier exposé était celui du Chef de service prévention des pollutions et des risques de la CICOS, Dr Kuitcha épouse Kengni Dorice, sur les origines et impacts des eaux usées sur le Fleuve Congo. Elle a fait remarquer aux étudiants que les sources de ces eaux usées sont nombreuses, notamment : les activités domestiques, industrielles, minières, les unités fluviales, les eaux de toilettes et de lavabos… Elle a expliqué que ces activités ont pour impact : la pollution de l’eau du fleuve (plomb, mercure,…), la  prolifération des végétaux aquatiques (algues, fougères,…), les jacinthes d’eau, ensablement dû au changement climatique, diminution du plan d’eau, frein sur la navigation fluviale, etc.

Signalons que d’autres exposés pour la première séquence concernaient la situation actuelle, limitations et perspectives du réseau d’assainissement urbain de la ville de Kinshasa ; et les problèmes rencontrés dans le processus de captage, traitement et production de l’eau potable par la Regideso. Après échange, la seconde séquence de ces exposés était axée sur les risques socio-sanitaires de la gestion des eaux usées ; la politique nationale de la gestion des eaux usées ; le rôle de la coordination dans le domaine de l’eau, hygiène et assainissement en Rdc ; et les usines de traitement des eaux usées de la Bralima pour la protection de l’environnement. Une deuxième série d’échange a donc clôturé cette grande conférence-débat de la CICOS avec les étudiants de l’ISP-Gombe.

(Lepetit Baende et Lofoli Gloria/ Stagiaire Ifasic)

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