16 janvier 2001- 16 janvier 2016

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15 ans après, les Congolais rendent à M’Zée Laurent-Désiré Kabila un hommage mérité

Les annales politiques de la RD Congo retiennent trois dates au mois de janvier de chaque année. La première, c’est le 4 janvier, pour la commémoration de la journée des martyrs de l’indépendance, tombés en 1959. La célébration valait son pesant d’or. Quelques discours et témoignages ont vanté, en un mot comme en mille, la bravoure, la détermination dont avaient fait montre les Congolais, pour contraindre les Belges à précipiter l’accession du Congo à la souveraineté nationale et internationale. La deuxième date, c’est bien le 16 janvier. En effet, en 2001, les Congolais s’étaient réveillés sous le choc, en apprenant l’assassinat du soldat du peuple, le Président M’Zée Laurent-Désiré Kabila. Mais avant lui, il y a eu la mort atroce de l’homme qui a su braver les colonisateurs, Patrice Emery Lumumba. Poignant dans ses discours, il n’a pu goûter aux délices de l’indépendance, parce que fauché quelques sept mois après les festivités du 30 juin 1960, soit le 17 janvier 1961.

Arrivé au pouvoir le 17 mai 1997 à la suite d’une révolution sans effusion de sang, M’Zée Laurent Désiré Kabila a été vite adopté par les Congolais qui ne juraient que par la chute du dictateur Maréchal Mobutu. 4 ans après, le soldat du peuple a été assassiné sauvagement dans son cabinet de travail au Palais de Marbre, le 16 janvier 2001 dans la commune de Ngaliema, à un jour de la commémoration du 40ième anniversaire de l’assassinant de Patrice Emery Lumumba. Depuis, le Congo est plongé dans une impasse à la suite de cet assassinat, le énième après celui du Premier, premier ministre du Congo indépendant. Patrice Emery Lumumba, M’Zée Laurent Désiré Kabila n’ont pas joui de la lutte menée. Le premier, après quelques jours de l’accession de la RDC à la souveraineté internationale et nationale, était confronté à une rébellion orchestrée par les puissances occidentales. Et le second, après avoir redonné espoir à son peuple pour avoir défait la dictature en luttant contre le néocolonialisme, les mêmes puissances occidentales ont réédité l’exploit de mettre par terre un autre nationaliste.

Le soldat du peuple est une idée, une idéologie et un programme politique

En ce jour du 16 janvier 2016, le Gouvernement de la République a rendu public le programme lié à cette double commémoration. Pour le 16 janvier, les activités seront focalisées au Mausolée, au Palais de la nation, où repose à jamais le Héros, soldat du peuple, M’Zée Laurent Désiré Kabila, dont les actes et gestes de bravoure resteront inoubliables. Si l’avant midi du dimanche, 17 janvier 2016, c’est la place de l’Echangeur qui va accueillir le Chef de l’Etat, le Gouvernement et l’ensemble des institutions ainsi que leurs responsables, tous les Congolais en ce y compris députés nationaux, députés provinciaux, responsables des entreprises publiques de l’Etat, officiers militaires et policiers ainsi que la famille biologique et compagnons de M’Zée, n’ont pas raté le rendez-vous du Mausolée.

Aux côtes du Chef de l’Etat, sa tendre mère Sifa, ses frères et sœurs ont déposé chacun une gerbe de fleurs à la tombe du soldat du peuple.

Le message pathétique de Cheikh Ali Mwinyi M’Kuu

 « Nous en appelons à la conscience de chacun pour la promotion d’un environnement électoral serein et apaisé pour tous », a fait savoir le représentant légal de la Communauté islamique du Congo ».

Le souvenir de M’Zée Laurent-Désiré Kabila est resté vivace et intact dans la mémoire des Congolais 15 ans après son tragique assassinat. C’est le moins que l’on puisse dire au regard de l’affluence observée lors de la commémoration de ce douloureux anniversaire en présence du Président de la République Joseph Kabila, le samedi 16 janvier 2016 au Mausolée qui porte le nom de l’illustre disparu et, qui se dresse devant le Palais de la Nation. C’est le lieu historique où fut proclamée l’indépendance de la RD Congo.

Pour ce 15ème anniversaire, un culte œcuménique a été organisé par la plateforme des confessions religieuses, en collaboration avec la Fondation M’Zée Laurent-Désiré Kabila. Deux temps forts ont marqué cette cérémonie, le culte d’action de grâce en mémoire de ce héros national et le dépôt des gerbes de fleurs.

Après la prière d’ouverture dite par Mgr Nikiforos Micragiannanitis, Archevêque d’Afrique centrale de l’Eglise Orthodoxe, l’assistance a suivi religieusement le message de Cheikh Ali Mwinyi M’Kuu, représentant légal de la Communauté islamique du Congo. Ce dernier a rappelé que Laurent-Désiré Kabila, que le peuple Congolais appelait affectueusement M’Zée, est mort pour avoir aimé sa patrie, défendu sa souveraineté et son intégrité territoriale. Il est mort assassiné parce qu’il militait pour la sauvegarde de la dignité du peuple congolais.

Pour Cheikh Ali Mwinyi M’Kuu, Laurent Désiré Kabila a fait un don de soi et traduit un humanisme sans limite. Il a indiqué qu’en Islam, « quiconque meurt pour la défense de sa patrie, de sa vie, de ses biens ou de son honneur, meurt en martyr », selon les enseignements du prophète Muhammad.

Bien que mort, poursuit le Cheikh, M’Zée Laurent Désiré Kabila est bien vivant parmi nous. D’abord parce qu’un martyr ne meurt pas, ensuite parce qu’il respire à travers les idées et les enseignements qu’il a légués au peuple congolais. Enfin, M’Zée Laurent Désiré Kabila est encore vivant dans la lutte qu’il a menée en vue de l’édification d’une République, démocratique, unie, forte et prospère.

Son rêve ardent était de voir le peuple congolais se prendre en charge, devenir maître de son destin pour bâtir un Congo nouveau, politiquement stable, économiquement prospère, un Congo épris de justice sociale distributive, un Congo attrayant pour les investisseurs étrangers, bref un Congo vivant pleinement sa vocation panafricaine.

Cheikh Ali Mwinyi M’Kuu a fait remarquer que la commémoration du 15ème anniversaire a lieu au moment où la RDC est engagée dans la voie des élections. C’est pourquoi, il a saisi cette occasion pour encourager et soutenir la tenue du dialogue politique national inclusif. Il a souligné que « la classe politique et la société civile ont non seulement le devoir d’œuvrer pour la réussite du processus électoral mais également de veiller à la sauvegarde de la paix sociale à tout prix ».

Il a invité chaque Congolais à faire de l’amour de la Patrie et du sens de responsabilité leur devoir en toute circonstance et de privilégier toujours l’intérêt général. « Nous en appelons donc à la conscience de chacun pour la promotion d’un environnement électoral serein et apaisé pour tous », a fait savoir Cheikh Ali Mwinyi M’Kuu, avant d’exhorter les croyants à soutenir par leurs prières, la tenue du dialogue politique national inclusif qui reste la voie royale non seulement pour la consolidation de la paix au pays, mais aussi pour la tenue des élections apaisées. Il a fait un appel pathétique à la classe politique de se souder comme un bloc en faveur du pays « Mettons-nous ensemble avec amour, justice, humilité, courage et responsabilité pour consolider la paix et reconstruire notre cher et beau pays, pour qu’enfin les merveilles dont Dieu nous a comblés profitent à chacun d’entre nous », a dit l’Imam. Il a terminé son message en demandant à Dieu, qu’il daigne toucher les cœurs des hommes politiques congolais pour que tous ensemble, ils deviennent les artisans de la paix, de la réconciliation nationale et du développement du pays.

Malgré toutes ces années écoulées, les souvenirs pour le soldat du peuple sont restés intacts dans la mémoire des Congolais. Ils lui ont rendu un énième hommage mérité devant son mausolée.

 Comme à l’accoutumée, depuis quinze ans, la Nation toute entière s’est arrêtée de ses activités le 16 janvier 2015, pour rendre un hommage dignement mérité à son héros national : Laurent-Désiré Kabila. Devant le mausolée au Palais de la Nation, où repose son corps, un culte interreligieux a été célébré en souvenir du troisième président de la République démocratique du Congo, assassiné le 16 janvier 2001.

Les autorités politiques, civiles, religieuses et la population ont fait le déplacement du Palais de la Nation. A commencer par le premier citoyen congolais, le Président Joseph Kabila, le Président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo,… toute la Nation a participé à cette journée souvenir. Pour la première fois depuis la commémoration de la disparition de cet illustre personnage, Laurent Monsengwo Pasinya a participé à ce culte religieux en tant qu’invité et non officiant de la messe inter religieux. Son entrée avec la première dame pendant que Marini Bodho prêchait était accompagnée d’acclamation et un poignet de mains avec le Président de la République, couronne la compassion du Cardinal à la famille biologique éprouvée. A la famille biologique, s’ajoute la veuve Kabila. Maman Sifa au visage éploré qui ne cessait de couler les larmes non seulement pour cet acte ignoble dont certains se réjouissent du coup fatal, mais d’une femme qui a perdu un compagnon de lutte, un visionnaire, un prophète et un combattant de la liberté.

Certes, le 16 janvier reste un anniversaire douloureux car, ce jour-là, le pays a perdu un grand visionnaire, qui a payé le sacrifice suprême pour que vive à jamais une nation libre, digne et prospère. Mais ce chagrin laisse place à l’espoir lorsque les Congolais observent avec admiration l’héritage de celui qu’ils appelaient affectueusement « M’Zée » se perpétuer. En partageant la quintessence de la philosophie de M’Zée, Henry Mova Sakani, considéré comme l’un des dignes élèves de LDK, a indiqué que Joseph Kabila Kabange, l’actuel président de la République qui a pris le relais de son père aux commandes du pays, est la meilleure illustration de l’héritage laissé par le Soldat du peuple.

Cet héritage est basé sur deux recommandations hautement nationalistes : « Ne jamais trahir le Congo » et « l’auto-prise en charge ».   « Si Laurent-Désiré Kabila avait trahi le Congo, il serait toujours en vie », a expliqué un des officiants du jour. Comme pour rappeler aux uns et aux autres que l’amour pour le Congo n’a pas de prix. M’Zée a choisi la mort plutôt que de trahir sa nation. Pour cet officiant, « ne jamais trahir le Congo » devrait traverser des générations. « La liberté est un don de Dieu qui implique le sacrifice », a renchéri le prédicateur Kimbaguiste qui n’a pas hésité, outre Laurent Désiré Kabila, à rappeler également le même sort subit par Simon Kimbangu et Patrice-Emery Lumumba au nom de la liberté.

Toujours aussi d’actualité, surtout en ce moment où la République Démocratique du Congo se trouve devant la nécessité de la tenue d’un dialogue national inclusif entre ses fils et filles, « l’auto-prise en charge » vient rappeler aux uns et autres un credo : aux problèmes congolais, la solution congolaise. « On ne peut pas parler de paix lorsqu’on a un esprit de guerre. Parlons franc et discutons au dialogue. La flamme de la reconstruction et de la poursuite de la paix est entre les mains de congolais », recommande Marini Bodho de l’Eglise du Christ au Congo. Dans son prêche, l’homme de Dieu a tablé sur le livre des Hébreux au chapitre 12 : 14 qui dit « Poursuivez la paix avec tous, et la sanctification sans laquelle aucun homme ne verra Dieu ». Pour couronner son enseignement, il a lancé un message comme un entraineur de football lorsqu’il dit « On ne change pas l’équipe qui gagne. Kabila gagne avec son gouvernement dont la croissance économique traverse les frontières. Sans la paix, il n’aura pas développement ». Paraphrasant Jean Paul II, il dit « Le développement est le nouveau nom de la paix.

De son côté, Albert Kankienza Mwana Mbo, président des Eglises de Réveils au Congo qui a tablé sur le chapitre 5 : 1-10 sur le sermon sur la montagne du Seigneur Jésus Christ, a souligné la nécessité des heureux qui vont hériter de bienfondés de Dieu lorsqu’il cite « Heureux ceux qui sont conscients de leur pauvreté spirituelle, puisque le royaume des cieux leur appartient ; heureux ceux qui sont dans le deuil, puisqu’ils seront consolés ; heureux ceux qui sont doux de caractère, puisqu’ils hériteront de la terre ; heureux ceux qui ont faim et soif de justice, puisqu’ils seront rassasiés ; heureux les miséricordieux, puisqu’ils leur sera fait miséricorde ; heureux ceux qui ont le cœur pur, puisqu’ils verront Dieu ; heureux les pacifiques, puisqu’ils seront appelés fils de Dieu ; heureux ceux qui ont été persécutés à cause de la justice, puisque le royaume des cieux leur appartient »

Sur le plan politique, économique ou social, M’Zée a toujours refusé le fait de compter sur l’extérieur. Sa conviction, témoigne Henry Mova Sakani, a toujours été que « le Congolais est capable d’étonner le monde s’il est animé d’esprit nationaliste, s’il est libre et que l’aide extérieure, s’il y en a, doit venir en appoint ».

Testament laissé au peuple congolais

 De son vivant, Laurent Désiré Kabila dénonçait la balkanisation. Dans son message de vœux adressé au peuple congolais le 1èr janvier 2001, M’Zée Laurent Désiré Kabila invitait les filles et les fils du grand Congo, a une résistance encore plus active et à une lutte, sans merci, contre les ennemis du pays, jusqu’au jour où la RDC recouvrira totalement son intégrité territoriale

 Ci-dessous, l’intégralité du discours :

 Le premier jour de l’an 2001, m’offre l’occasion de vous adresser mes très vives et sincères félicitations à vous tous mes compatriotes, pour la résistance active que vous avez menée, tout au long de l’année écoulée contre les agresseurs de la République démocratique du Congo. Je relève donc votre glorieuse et opiniâtre résistance qui a permis à la nation de n’être occupée, ni totalement ni entièrement, par les agresseurs et esclavagistes rwandais, ougandais et burundais. Que chacun d’entre vous trouve ici l’expression de ma profonde gratitude, pour les sacrifices immenses consentis et sans lesquels, les fossoyeurs de notre pays auraient pu déjà ouvrir une brèche au sein de notre peuple, pour nous entraîner irréversiblement dans l’ornière d’humiliation, d’assujettissement et d’exploitation systématique et malheureux. Fort heureusement, vous avez défait et triomphé des intentions de ceux qui, au loin, n’ont cessé de porter régulièrement secours à nos agresseurs.

 La nation aurait pu faire mieux n’eût été, d’une part, en raison des visées de nos agresseurs, les agissements ignobles des nôtres qui ne pouvaient assouvir leurs appétits de pouvoir que par ce biais et, de l’autre, le comportement antipatriotique de ceux des Congolais qui avaient choisi de diaboliser le gouvernement de leur propre pays, auprès de la communauté internationale, escomptant obtenir ainsi un appui total, pour leur parachutage dans les structures du pouvoir d’Etat.

 Je suis convaincu qu’à la fin de l’an 2000, au début du 21ème siècle et au premier jour du troisième millénaire, nos efforts vont tendre à chasser du territoire national les envahisseurs qui, du reste, ne nous veulent nullement du bien. Ces agresseurs ont assassiné plus de 2.300.000 Congolais et ont élu littéralement domicile dans nos mines d’or et de diamant, dans nos plantations de café et de cacao, dans nos parcs, dans nos forêts et nos bois.

 Ainsi, ces rapaces confirment, au fil des jours, ce que nous savions déjà et que nous n’avons jamais cessé de clamer haut et fort toujours et partout. Ils mènent à la fois une guerre de rapine, une guerre économique, une guerre de tentative de balkanisation de notre pays. C’est pour chasser ce cauchemar de démembrement de notre nation, que je vous convie, filles et fils du grand Congo démocratique, à une résistance encore plus active et à une lutte, sans merci, contre nos ennemis, jusqu’au jour où nous recouvrerons totalement l’intégrité territorial, l’indépendance nationale, et la souveraineté internationale de notre pays.

 Pour atteindre ce noble et légitime objectif, la République démocratique du Congo a besoin de sa cohésion interne, sans la moindre fissure. Ce dont les anti-régimes, devant le danger que court pourtant la mère patrie, ne veulent nullement comprendre.

 Mes chers compatriotes, Nous sommes, malgré tout, confiants de pouvoir surmonter nos difficultés économiques conjoncturelles, au cours de cette année 2001, avant d’entreprendre enfin une marche fulgurante, pour la reconstruction de notre pays.

 Aussi malgré les vicissitudes graves que vit notre pays, nous restons plus que jamais confiants en l’avenir de notre patrie. La République démocratique du Congo est un pays choisi par Dieu et le plan divin se réalisera totalement sur cette terre africaine du Congo démocratique, quelles que soient les tentatives humaines intérieures et extérieures. A toutes et à tous, je souhaite mes vœux de bonheur, de prospérité et d’engagement patriotique, en vue de la libération totale de notre pays.

«BONANA».

 Engagement politique de Laurent-Désiré Kabila

 Les premières luttes remontent au début des années 1960, durant la crise congolaise qui accompagne et suit l’accès à l’indépendance du Congo Belge. D’août 1960 à janvier 1961, il lutte contre la gendarmerie katangaise dans les rangs de la jeunesse du Parti Balubakat (Jeubakat). Jason Sendwe, chef de la Balubakat, le parti qui regroupe les membres de leur ethnie commune, celle des Lubas, remarque ses talents d’orateur et le nomme « colonel » des jeunesses, en fait des milices Balubakat au Katanga.

Il sort de l’anonymat en septembre 1963 lors de la création du Comité National de Libération (C.N.L.), formation politique nationaliste (lumumbiste) et révolutionnaire qui veut éliminer par la lutte armée le gouvernement Adoula. Il y est secrétaire général des Affaires sociales, Jeunesse et Sports. Quelque temps plus tard, ses milices se rallient à l’insurrection déclenchée par les forces lumumbistes en juillet 1964, lors de la prise d’Albertville (Kalemie), capitale du Nord-Katanga, par l’armée populaire de libération, on le retrouve vice-président d’un « gouvernement provisoire » qui ne durera que quelques mois.

Au début de 1965, il se replie au Kivu où il est nommé chef des opérations militaires par un pouvoir rebelle qui contrôle à cette époque plus du tiers du territoire congolais. Il est toutefois plus présent dans les capitales étrangères d’Afrique orientale que dans les maquis qu’il paraît diriger de loin. Lorsque Che Guevara le rencontre à Dar es-Salaam en février 1965, il est de prime abord séduit par lui. Le jugement du Che Guevara sera ensuite très négatif sur le sérieux des chefs congolais, y compris sur Kabila auquel il reproche d’être toujours absent du front.

D’après le témoignage de Che Guevara qui essaya, entre avril et novembre 1965 d’appuyer les dirigeants des fronts du mouvement rebelle et les maquisards de Kabila établis à Fizi Baraka, sur les rives du lac Tanganyika, Kabila et son groupe étaient plus « contrebandiers » que « rebelles », considérant qu’ils ne réussiraient jamais à se transformer en une force révolutionnaire.

De 1967 à 1985, Laurent-Désiré Kabila, suit un double parcours: est à la fois le chef « révolutionnaire » incontesté d’un maquis peu étendu situé aux alentours de Hewa Bora dans les montagnes de l’extrême sud du Kivu, mais aussi un commerçant qui tire de substantiels bénéfices du trafic d’or et d’ivoire dont il détient le monopole dans son maquis.

Après l’effondrement de celui-ci en 1985, on perd la trace de Kabila, dont certains commentateurs affirment qu’il aurait été dans l’entourage d’un autre rebelle, John Garang, chef du plus important maquis soudanais. Résidant principalement à Dar es-Salaam, on l’aperçoit aussi à Kampala, en Ouganda, où il entretient des liens amicaux avec le président Yoweri Museveni. Pendant la longue « transition démocratique » zaïroise (1990-1996), ni lui, ni le parti qu’il a fondé en 1967 dans les maquis du Kivu, le Parti de la Révolution Populaire (PRP.), ne participent à la Conférence nationale souveraine qui doit amener le Zaïre vers la 3ième République et qu’il considérera toujours comme une institution « à la solde de Mobutu ».

Prise de pouvoir

Kabila sort soudainement de l’ombre en septembre 1996 : il signe à Gisenyi (Rwanda) avec trois autres « rebelles » et exilés zaïrois un protocole d’accord créant l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Zaïre (AFDL) dans lequel les quatre participants s’engagent à œuvrer pour chasser Mobutu du pouvoir. Mais un seul des signataires dispose de combattants pour ce projet.

Ils devront donc compter au départ uniquement sur l’apport des troupes et de la logistique militaire des armées rwandaise, ougandaise puis angolaise. Commence alors l’étonnante « anabase » militaire et politique qui, en quelques mois, conduit l’A.F.D.L. du Kivu à Kinshasa, conquise sans effusion de sang le 17 mai 1997, au lendemain de la fuite précipitée, le 16 mai, du « grand léopard » qui disparaît sans soulever d’émotion dans son pays.

Au fil d’une fulgurante avancée qui l’étonne lui-même, dit-on, Kabila constitue vaille que vaille un semblant d’armée congolaise, composée essentiellement de jeunes recrues enfants communément appelés « Kadogo », soldats ou de déserteurs des anciennes forces armées zaïroises. Par la suite, il réussira progressivement à éliminer ou à contenir politiquement les trois anciens fondateurs de l’A.F.D.L. dont il n’était au début que le « porte-parole ».

Proclamé président, Laurent Désiré Kabila, qui prétendait n’avoir jamais été Zaïrois efface toute référence à cette dénomination née en 1971 par décision de son prédécesseur : le pays retrouve son appellation à la suite de son indépendance en 1960, le fleuve est à nouveau rebaptisé Congo, le franc congolais se substitue au nouveau Zaïre, la devise du pays, l’hymne national sont changés. Donc, les Congolais retrouvaient en quelque sorte l’identité perdue et usurpée par le Maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Gbendu Wa Zabanga. C’est le 17 mai 1997, que le tombeur de Mobutu entre enfin à Kinshasa, après plusieurs tentatives de négociation sur le bateau appelé « Utenika », menée par le défunt président sud- africain Nelson Mandela Madiba.

(Pius Romain Rolland)

 

 

 

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