12 octobre 1989 – 12 octobre 2017: Franco Luambo Makiadi 28 ans dans l’au-delà

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Les artistes-musiciens ne meurent pas. On ne les pleure pas. On les immortalise par la chanson, par la danse. Luambo Makiadi, le Cassius Clay de la musique congolaise est décédé il y a 28 ans aujourd’hui. C’était précisément le 12 octobre 1989 à Namur en Belgique des suites d’une longue et pénible maladie. Artiste de talent, doué d’un génie créateur inimitable, avec Luambo Makiadi est disparu le Grand Maître. Le porte étendard de la musique contemporaine.

Historique

Ya Fwala, Franco de Mi Amor, Grand Maître, Oncle Yorgho, etc. Voilà, autant de pseudonymes glorieux de cet homme qui a trainé sa barque à bon port pendant près de 3 décennies. Des dizaines de 30 centimètres, des centaines de chansons ont été conçues et interprétées par cet éminent artiste.

Tout au long de sa vie, de sa carrière, Franco avait pris la ferme option de peindre, sans fioritures, ses concitoyens, son environnement. Cela sans masque et sans honte. C’est d’ailleurs ce qui a fait depuis 1956, la force de ce grand monsieur de la musique zaïro-congolaise qui  créa à l’âge de 17 ans, l’orchestre OK Jazz.

De sa naissance

Guitariste de talent Franco, de son vrai nom François L’Okanga Lwa Djo Pene Luambo Makiadi, est né le 6 juillet 1938 à Sona-Bata, district de la Lukaya dans la province du Kongo Central. Il est le fils de papa Emongo Luambo de la tribu « tetela » du Kasaï et de maman Mbonga Makiese, une véritable « ne kongo » de la tribu « muntandu » du Kongo Central.

De son ascension

Luambo Franco était un grand auteur-compositeur dont le thème de prédilection était la femme et le travail. Sans reculer devant la vérité, Luambo Makiadi, dans un style populaire à la limite de la vulgarité, a réussi à mettre sur scène ses compatriotes dans leurs défauts et aussi dans leurs qualités. Il était à la fois le grand ami des femmes et des hommes qu’il taquinait puis amadouait.

Le Grand Maître enregistre son premier disque intitulé « Bolingo na ngai Béatrice » vers les années 50 avec le concours de l’orchestre « Loningisa ».

De la création de l’Ok Jazz

Quelques temps plus tard, lorsque l’artiste-musicien Henri Bowane qui faisait aussi partie du groupe quitte Léopoldville (Kinshasa) pour aller s’installer à Luanda en Angola, Franco se retrouve seul maître à bord. Toutefois, l’apport soutenu et considérable de quelques musiciens venus à la rescousse de l’autre côté du fleuve Congo, nous citerons Pandhy Saturnin (batteur tumba), Loubelo Daniel dit De la Luna (guitariste) et Jean Serge Essous (saxo), sauva la barque du naufrage.

De commun accord, les composants du groupe se décidèrent de trouver un lieu sûr pour leurs répétitions et productions. Leur choix sera porté sur « OK Bar » qui était situé sur la rue Tshuapa dans le commune de Kinshasa, une propriété de monsieur Oscar Kashama.

Ce dernier encouragea ces jeunes gens en mettant à leur disposition tout ce dont ils avaient besoin. C’est ainsi que sous les auspices de Franco Luambo, Lando Rossignol, Libertin, Lièvre, Pandhy Saturnin, Essous Jean Serge et Loubela Daniel, naquit le mercredi 6 juin 1956, l’orchestre OK Jazz qui, en ses débuts, signifiait « Oscar Kashama Jazz ». Et Essous Jean Serge a été nommé premier chef d’orchestre.

Premier couac

Comme dit un adage, « les bonnes choses ne durent pas ». Une année plus tard, en 1957, l’orchestre enregistrera le premier départ de ses musiciens. Lando Rossignol et Essous Jean Serge ont quitté l’OK Jazz pour aller former leur groupe à eux baptisé « Rock-à-Mambo ». C’est alors que, toujours grâce à d’autres musiciens venus de Brazzaville au soutien à Luambo Makiadi dont N’Kouka Célestin et Edo N’Ganga, le groupe a repris le poil de la bête à l’OK Jazz qui, pour la circonstance entrera en studio pour enregistrer ses premiers succès : « Aimé wa bolingo », « Joséphine », « Motema na nagi epai ya mama » etc, figurent parmi des œuvres qui ont marqué l’espace discographique de l’époque ainsi que la présence de l’OK Jazz sur le marché.

En 1958, d’abord pour avoir roulé sur une vespa sans permis de conduire ensuite pour un problème de cœur, Franco Luambo a séjourné à deux reprises sous les verrous. Malheureusement, pendant son absence, comme on devait s’y attendre, donna l’occasion aux musiciens brazzavillois Célestin N’Kouka, Edo N’Ganga et consort à retraverser le pool Malebo pour Brazzaville où, avec Nino Malapet et Essous Jean Serge, ils montèrent l’orchestre « Bantous de la Capitale ».

Recouvrant sa liberté peu après, Luambo Franco et son chef d‘orchestre Vicky Longomba qui lui est resté fidèle, procèderont au recrutement d’autres musiciens pour renforce le groupe. C’est ainsi que le chanteur Mulumba Joseph dit Mujos, le soliste Bombolo Léon Bolhen, l’accompagnateur Simon Simaro Masita Lutumba, le bassiste Tshamala Piccolo, etc… feront leur entrée dans l’OK Jazz.

Une année plus tard, le Congo Belge accéda à son indépendance. Vicky Longomba voyage en l’absence de son ami Luambo Franco avec le groupe African Jazz de Joseph Kabasele Tshamala pour Bruxelles où il devait agrémenter la manifestation de la « Table Ronde » qui réunissait les leaders politiques congolais de l’époque avec les autorités belges. La chanson « Indépendance Cha-Cha » illustre cet événement. Une fois de plus, l’orchestre OK Jazz subira un coup dur suite au départ de Vicky Longomba qui créa un vide au sein du groupe.

Toutefois, au même moment un groupe de jeunes filles, attirées par guitare de Luambo Franco ne pouvait se passer d’aller danser au concert de l’OK Jazz. L’affluence créée par ces jeunes filles aux concerts de l’OK Jazz suscita une passion dans les cœurs des mélomanes qui se dirent de bouche à oreille : « pour vois des belles filles de Léopoldville (Kinshasa), il faut, coûte que coûte, assister aux concerts de Luambo Franco ». Par cette occasion il fut baptisé « De Mi Amor » par ses nombreux fans.

L’affaissement du baobab

Il y a eu encore beaucoup d’autres départs et aussi de nombreuses arrivées des nouveaux musiciens et cet état de chose n’avait nullement affecté la bonne marche du groupe si bien que de temps en temps, Ya Fwala ne cessait de dire que l’Ok Jazz est l’ONATRA de la musique congolaise, beaucoup passent et beaucoup toquent à la porte. 28 années, cependant, après la disparition de Franco Luambo Makiadi, quel est l’héritage de l’OK Jazz ?

En attendant, en cette journée anniversaire de la mort de Franco, nous ne pouvons que demander à tous ceux qui l’ont connu et qui ont dansé au rythme de sa musique, d’avoir une pensée pieuse en sa mémoire.

(Kingunza Kikim Afri)

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