12 au 14 septembre 2018: Kolwezi abrite une conférence minière

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En organisant la conférence minière à Kolwezi, là où s’exploite le cobalt, la Rdc veut lancer un signal fort à l’industrie minière et à tous les partenaires intéressés, notamment les ONG de l’environnement et de défense des droits de l’homme qui surveillent de près ce secteur. À travers ce forum, la Rdc et la province du Lualaba (http://LualabaMining.org) sont déterminées à rendre « éthique » et « propre », in fine, la chaîne de production du cobalt sur le territoire national. Voilà le challenge : rendre « propre » toute la chaîne de production du cobalt dans le Lualaba et le Haut-Katanga, les deux provinces productrices du métal vert en Rdc.

Il se fait que la RDC n’a pas encore bonne presse sur ce terrain. L’exploitation de son cobalt est souvent pointée du doigt à cause de l’importance de son secteur artisanal d’extraction qui représente 20% dans la chaîne.

En outre, l’exploitation du cobalt congolais est critiquée à la suite de l’utilisation des enfants mineurs, âgés de moins de 18 ans, dans le processus d’extraction. Loin s’en faut, l’exploitation minière industrielle n’est pas épargnée par la critique. Des ONG signalent souvent des expulsions forcées des communautés de leurs villages, des conditions de travail inférieures aux normes et des impacts environnementaux dévastateurs.

L’ambition est que dorénavant le cobalt congolais ne soit plus indexé dans les transactions internationales comme  « le minerai de la honte ». D’ailleurs, les articles parus il y a peu dans les médias internationaux sur l’exploitation illégale des enfants mineurs en disent long sur la perception de l’opinion internationale ainsi que de l’ensemble des acteurs du secteur sur l’industrie du cobalt en RDC.

Signalons que la République démocratique du Congo produit à elle seule 63% du cobalt dans le monde, devenant ainsi le premier producteur et exportateur mondial du métal vert. La RDC détient 40% des réserves mondiales de ce minerai. Ce qui  fait que le Congo Kinshasa s’impose, avec son cobalt, comme un pays stratégique dans l’approvisionnement de l’industrie mondiale, en particulier les secteurs spécialisés de l’automobile électrique et des technologies de pointe.

L’industrie mondiale a donc principalement besoin du cobalt congolais pour fonctionner à plein régime. Avec la perspective de la hausse de la production des véhicules électriques par les principaux fabricants, le cobalt, aux dires des experts, va continuer à demeurer le minerai phare de l’industrie mondiale de pointe pendant au moins les deux prochaines décennies.

Le cobalt fait aujourd’hui partie de « Huit matières premières stratégiques » de l’industrie mondiale grâce à ses nombreuses applications industrielles. Exemples : ce métal rentre, avec le lithium, dans la fabrication des batteries lithium-ion des voitures électriques, des tablettes et des smartphones. Le cobalt est également utilisé dans les superalliages, les pigments, les décolorants, les catalyseurs, les pneus, les produits siccatifs, etc. Incontestablement, ce métal se trouve dans une multitude d’objets d’usage courant.

Des pays comme la France et le Royaume-Uni ambitionnent le tout électrique à l’horizon 2040. Accroître la capacité de production actuelle aura un impact direct sur la satisfaction de la demande mondiale de plus en plus croissante avec des retombées conséquentes sur tous les acteurs de la chaîne, y compris l’État congolais.

Il ne faut pas l’oublier que le recours au cobalt a été dicté par une plus grande prise de conscience des défis environnementaux sur le plan international. Avec le réchauffement climatique, les leaders du monde s’attaquent de plus en plus aux émissions polluantes, notamment l’émission des gaz à effet de serre. Ceci fait que les entreprises qui utilisent le cobalt – parmi lesquelles des multinationales – sont souvent sous pression des ONG qui veulent connaître la traçabilité du métal vert : de l’extraction à son utilisation dans les industries occidentales.

Pour être en harmonie avec leurs propres normes, les entreprises qui utilisent le cobalt dans leur industrie sont devenues de plus en plus exigeantes – ce qui est normal – quant au respect des conditions d’extraction d’un métal qui rentre dans ce que l’on appelle « l’industrie verte », respectueuse des normes sociales et environnementales.

Aujourd’hui, le regard du monde est tourné vers le cobalt congolais produit dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga car il représente, nous l’avons dit, plus de 60% de la production mondiale. Pour la RDC, et la province du Lualaba en particulier, la grande opportunité est, non seulement d’exercer leur leadership dans le concert des nations fournisseurs des matières premières, mais aussi et surtout de rassurer que la province et les populations locales puissent tirer profit et jouir de la richesse de leur sous-sol. Le défi reste cependant de créer un cadre formel et crédible au sein duquel la production de cobalt se fait en conformité  avec les normes. Pour y parvenir, la RDC compte sur une synergie de tous les acteurs du secteur d’exploitation du cobalt.

JMNK

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